SGANARELLE, VALÈRE, ERGASTE
SGANARELLE , se croyant seul.
Oh ! trois et quatre fois béni soit cet édit Par qui des vêtements le luxe est interdit ■ ! Les peines des maris ne seront plus si grandes. Et les femmes auront un frein à leurs demandes. Oh! que je sais au roi bon gré de ces décris ' ! Et que, pour le repos de ces mêmes maris , Je voudrais bien qu'on fît de la coquetterie Comme de la guipure ^ et de la broderie ! J'ai voulu l'acheter, l'édit, expressément. Afin que d'Isabelle il soit lu hautement , Et ce sera tantôt , n'étant plus occupée, Le divertissement de notre après-soupée.
( apercevant ralère. ) Envoîrez-vous encor, monsieuraux blonds cheveux, Avec des boîtes d'or des billets amoureux ?
' C'est une chose dignede remarque queLooisXIV, qui introduisit la magnificence dans les habits et dans les équipages , ail fait seize édils contre le luse. Celui dont parle Sjjanarelle est du 27 novembre 1660. 11 avait pour objet de défendre les broderies, canetitles, paillettes, etc.
' On appelait les décris, les ordonnances faites pour défendre de fabriqtler, vendre ou porter certaines étoffes.
3 Guipure, broderie en relief, recouierte en fil d'or ou en clinquant.