‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 251 sur 1284 · L'ÉCOLE DES MARIS, ACTE II, SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE DES MARIS, ACTE II, SCÈNE XIV

Je vous croyais plus sage , à ne vous rien celer. Vous venez ni"aimiser de vos belles paroles. Et conservez sous main des espérances folles. Voyez-vous , j'ai voulu doucement vous traiter ; Mais vous m'obligerez à la fin d'éclater. IN'avez-vous point de honte , étant ce que vous êtes , De faire en votre esprit les projets que vous faites .' De prétendre enlever une fille d'honneur. Et troubler un hymen qui fait tout son bonheur .'

Qui vous a dit , monsieur , cette étrange nouvelle.'

SGANABELLE.

Ne dissimulons point , je la tiens d'Isabelle , Qui vous mande par moi , pour la dernière fois, Qu'elle vous a fait voir assez quel est son choix ; Que son cœur, tout à moi , d'un tel projet s'offense ; Qu'elle mourrait plutôt qu'en souffrir l'insolence ; Et que vous causerez de terribles éclats. Si vous ne mettez fin à tout cet embarras.

VALÈRE

•S'il est vrai qu'elle ait dit ce que je viens d'entendre, ,1'avoûrai que mes feux n'ont plus rien à prétendre ; Par ces mots assez clairs je vois tout terminé. Et je dois révérer l'arrêt qu'elle a donné.

SGANARELLE

Si... Vous en doutez donc , et prenez pour des feintes Tout ce que de sa part je vous ai fait de plaintes .' Voulez-vous qu'elle-même elle explique son cœur .' J'y consens volontiers pour vous tirer d'erreur. Suivez-moi , vous verrez s'il est rien que j'avance , Et si son jeune cœur entre nous deux balance. (Il va frapper à sa porte. )

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