L'ÉCOLE DES MARIS, ACTE III, SCÈNE II
ISABELLE
Que sans plus de soupirs Il conclue un hymen qui fait tous mes désirs , Et reçoive en ce lieu la foi que je lui donne De n'écouter jamais les vœux d'autre personne. ( Elle/ait semblant (T embrasser Sganarelle, eldonne sa main à baiser à Falére. )
SGANARELLE
Mai! liai ! mon petit nez, pauvre petit bouchon, Tu ne languiras pas longtemps , je l'en répon.
(à f'alére.) Va , chut ! Vous le voyez , je ne lui fais pas dire , Ce n'est qu'après moi seul que son âme respire.
VAXÈKE.
Eh bien! madame, eh bien! c'est s'expliquer assez; Je vois , par ce discours , de quoi vous me pressez , Et je saurai dans peu vous ôter la présence De celui qui vous fait si grande violence.
ISABELLE
Vous ne me sauriez faire un plus charmant plaisir ; Car enfin cette vue est fâcheuse à souffrir, Elleir.'est odieuse; et l'horreur est si forte...
HéHié!
ISABELLE
Vous offensé-je en parlant de la sorte ? Fais-je...
SGANABELLE.
Mon Dieu ! nenni , je ne dis pas cela ; Mais je plains , sans mentir, l'état où le voilà ; Kt c'est trop hautement que ta haine se montre.
ISABELLE
Je n'en puis trop montrer en pareille rencontre.
VALÈBE.
Oui, vous serez contente, et dans trois jours vos yeu.x INe verront plus l'objet qui vous est odieux.
ISABELLE
A la bonne heure. Adieu.
SGANABELLE , à Valére.
Je plains votre infortune;
Mais...
VALÈBE. [cune;
Non, vous n'entendrez demoncœur plainte au- Madame assurément rend justice à tous deux, Kt je vais travailler à contenter ses vœux. Adieu.
SGANABELLE.
Pauvre garçon , sa douleur est extrême!
Venez , embrassez-moi , c>st un autre elle-même.
{H embrasse l'alère.)