LÉLIE, ANSELME
LÉLIE , sans i-oir Anselme.
Maintenant , avec ce passe-port , Je puis à Trufaldin rendre aisément visite.
A>SELME.
A ce que je puis voir, votre douleur vous quitte?
LÉLIE
Que dites-vous? jamais elle ne quittera
Un cœur qui chèrement toujours la nourrira.
ANSELME
Je reviens sur mes pas vous dire avec franchise Que tantôt avec vous j'ai fait une méprise ; Que parmi ces louis, quoiqu'ils semblent très-beaux. J'en ai , sans y penser, mêlé que je tiens fau.\ ;
(l'iisage qne dans ces phrases familières : peu ou prou , ni peu ni prou. (B. )
Et j'apporte sur moi de quoi mettre en leur place. De nos faux monnayeurs l'insupportable audace Pullule en cet état d'une telle façon , Qu'on ne reçoit plus rien qui soit hors de soupçon. Mon Dieu! qu'on ferait bien de les faire tous pendre!
LÉLIE
Vous me faites plaisir de les vouloir reprendre ; Mais je n'en ai çoint vu de faux , comme je croi.
ANSELME
Je les connaîtrai bien : montrez, montrez-les moi. Est-ce tout?
LÉLIE
Oui.
ANSELME
Tant mieux. Enfin je vous raccroche , Mon argent bien-aimé; rentrez dedans ma poche; Et vous , mon brave escroc , vous ne tenez plus rien. A^ous tuez donc des gens qui se portent fort bien? Et qu'auriez-vous donc fait sur moi, chétif beau-père? Jla foi , je m'engendrais d'une belle manière , Et j'allais prendre en vous un beau-fds fort discret ! Allez, allez mourir de honte et de regret.
LÉLIE, seul.
II faut dire : J'en tiens. Quelle surprise extrême ! D'où peut-il avoir su sitôt le stratagème?