‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 27 sur 1284 · L'ÉTOURDI, ACTE II, SCÈNE VU · texte numérisé non relu

L'ÉTOURDI, ACTE II, SCÈNE VU

PANDOLFE

En une autre saison , cette naïveté Dont vous accompagnez votre crédulité, Anselme, me serait un charmant badinage, Et j'en prolongerais le plaisir davantage : Mais , avec cette mort , un trésor supposé , Dont parmi les chemins on m'a désabusé. Fomente dans mon âme un soupçon légitime. Mascarille est un fourbe, et fourbe fourbissime. Sur qui ne peuvent rien la crainte et le remords , Et qui pour ses desseins a d'étranges ressorts.

ANSELME

M'aurait-on joué pièce et fait supercherie? Ah! vraiment, ma raison, vous seriez fort jolie! Touchons un peu pour voir : en effet , c'est bien lui. Malepeste du sot que je suis aujourd'hui ! De grâce , n'allez pas dix'ulguer un tel conte ; On en ferait jouer quelque farce à ma honte : Mais, Pandolfe , aidez-moi vous-même à retirer L'argent que j'ai donné pour vous faire enterrer.

PAKDOLFE. -,-tJ,i.'> -

De l'argent , dites-vous ? Ah ! c'est donc l'enclouure ! ■Voilà le nœud secret de toute l'aventure ! "' A votre dani. Pour moi , sans m'en mettre en souci , Je vais faire informer de cette affaire ici Contre ce Mascarille; et si l'on peut le prendre , Quoi qu'il puisse coûter , je le veux faire pendre.

ANSELME , seul.

Et moi , la bonne dupe à trop croire un vaurien , 11 faut donc qu'aujourd'hui je perde et sens et bien. 11 me sied bien , ma foi , de porter tète grise , Et d'être encor si prompt à faire une sottise; D'examiner si peu sur un premier rapport... Mais je vois...

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