‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 281 sur 1284 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ALCANDRE, ÉRASTE, LA MONTAGNE

ALCANDBE.

Avec peine , marquis , je te fais la prière : i^t,

Biais un homme vient là de me rompre en visière • ,

' En termes de clievalerle , c'est rompre «ne lance sur la vi-

ç>Jt-C'

IfiO

Et je souhaite fort, pour ne rien reculer, Qu'à l'heure, de ma part, tu l'ailles appeler. Tu sais qu'en pareil cas ce serait avec joie Queje te le rendrais en la même monnoie. T.Rkwsic,,après avoir été quelque temps sansparler. Je ne ve^x point ici faire le capitan; V.^^ j^^-yj Mais on m'a vu soldat avant que courtisan : J'ai servi quatorze ans, et je crois être en passe De pouvoir d'un tel pas me tirer avec gt:âce. Et de ne craindre point qu'à quelque lûcheté Le refus de mon bras me puisse être imputé '. Un duel met les gens en mauvaise posture; \ Et notre roi n'est pas un monarque en peinture. Il sait faire obéir les plus grands de l'État , Et je trouve qu'il fait en digne potentat. Quand il faut le servir, j'ai du cœur pour le faire ; Hais je ne m'en sens point quand il faut lui déplaire. Je me fais de son ordre une suprême loi : Pour lui désobéir, cherche un autre que moi. Jeté parle, vicomte, avec franchise entière. Et suis ton serviteur en toute autre matière. Adieu.

Page 1