‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 280 sur 1284 · LES FACHEUX, ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

LES FACHEUX, ACTE I, SCÈNE X

Et d'abuser, ingrate , à maltraiter ma flamme , Du faible que pour vous vous savez qu'a mon âme.

OBPHISE.

Certes, il en faut rire, et confesser ici

Que vous êtes bien fou de vous troubler ainsi.

L'homme dont vous parlez, loin qu'il puisse me plaire,

Est un homme fâcheux dont j'ai su me défaire ;

Un de ces importuns et sots officieux

Qui ne sauraient souffrir qu'on soit seule en des lieux,

Et viennent aussitôt, avec un doux langage, ■*■-'-

Vous donner une main contre qui l'on enrage, y^'

J'ai feint de m'en aller, pour cacher mon dessein;

Et jusqu'à mon carrosse il m'a prêté la main.

Je m'en suis promptement défaite de la sorte ;

Et j'ai, pour vous trouver, rentré par l'autre porte.

ÉBASTE.

A vos discours , Orphise , ajouterai-je foi , Et votre cœur est-il tout sincère pour moi ?

OBPHÎSE.

Je vous trouve fort bgn détenir ces paroles , Quand je me justifie à vos plaintes frivoles! Je suis bien simple eiîcore, et ma sotte bonté...

ÉKASTE.

Ah ! ne vous fâchez pas, trop sévère beauté ! Je veux croire en aveugle , étant sous votre empire , Tout ce que vous aurez la bonté de me dire. Trompez, si vous voulez , un malheureux amant; J'aurai pour vous respect jusques au monument... Maltraitez mon amour, refusez-moi le votre. Exposez à mes yeux le triomphe d'un autre; , Oui , je souffrirai tout de vos divins appas. J'en mourrai ; mais enfin je ne m'en plaindrai pas.

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