ALCIPPE, ÉRASTE
ALCIPPE
Bonjour.
ÉRASTE, à part.
Eh quoi ! toujours ma flamme divertie !
ALCIPPE
Console-moi, marquis, d'une étrange partie Qu'au piquet je perdis hier contre un Saint-Bouvain, A qui je donnerais quinze points et la rnain. = aI C'est un coup enragé, qui depuis hier m'accable, Et qui ferait donner tous les joueurs au diable ■ ; Un coup assurément à se pendre en public. Il ne m'en faut que deux, l'autre a besoin d'un pic :
Je donne , il en prend six , et demande à refaire ;
fMoi , me voyant de tout , je n'en voulus rien faitfe'."" Je porte l'as de trèfle, (admire mon malheur! j L'as, le roi, le valet , le huit et dix de cœur. Et quitte , comme au point allait la politique , Dame et roi de carreau , dix et dame de pique. Sur mes cinq cœurs portés la dame arrive encor. Qui me fait justement une quinte major ; pr^Ti^, Mais mon homme avec l'as, non sans surprise cx- Des bas carreaux sur table étale une sixième. J'en avais écarté la dame avec le roi ; Mais lui fallant un pic , je sortis hors d'effroi , Et croyais bien du moins faire deux points uniques. Avec les sept carreaux il avait quatre piques , Et jetant le dernier, m'a mis dans l'embarras De ne savoir lequel garder de mes deux as.
• Dans l'ancien jeu de piquet, chaque couleur avait un si x . ce qui élevait le nombre des cartes à trente-six au lien de trenlcdeux. La description d'Alcippe présente quelques difliculles a ceux mêmes qui connaissent celte circonstance : voila pourquoi sans doute U porte unjVii sur lui, pour répéter ctcoup gui lut fait donner tous les joueurs au diable '