LES FACHEUX , ACTE II , SCÈNE IV
rai jeté l'as de cœur , avec raison , me semble ; / j ' Mais il avait quitté quatre trèfles ensemble, ■ Et par un six de creur je me suis vu capot , Sans pouvoir, de dépit, proférer un seul mot. Morbleu ! fais-moi raison de ce coup effroyable : A moins que l'avoir vu, peut-il être croyable ?
. ' ■ ÉKASTE.
Cest dans le jeu qu'on voit les plus grands coups du ALCIPPE. [sort.
Parbleu ! tu jugeras toi-même si j'ai tort , Et si c'est sans raison que ce coup me transporte ; Car voici nos deu.\ jeux, qu'exprès sur moi je porte. Tiens, c'est ici mon port, comme je te l'ai dit ; , " Et voici...
ÉBASTE.
J'ai compris le tout par ton récit , Et vois de la justice au transport qui t'agite ; Mais pour certaine affaire il faut que je te quitte. Adieu. Console-toi pourtant de ton malheur.
ALCIPPE
Qui, moi.' J'aurai toujours ce coup-là sur le cœur ; Et c'est , pour ma raison , pis qu'un coup de tonnerre. Je le veux faire , moi , voir à toute la terre.
{Ils'en va, et rentre en disant :) Un six de cœur ! deux points !
ÉRASTE
En quel lieu sommes-nous ?
De quelque part qu'on tourne, on ne voit que des fous .