‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 293 sur 1284 · LES FACHEUX, AC · texte numérisé non relu

LES FACHEUX, AC

Tout de nouveau s'oppose au plus doux de mes vœux, A son aimable nièce a défendu ma vue , Et veut d'un autre époux la voir demain pourvue. Orphise toutefois, malgré son désaveu.

Daigne accorder ce soir une grâce à mon feu; Et j'ai fait consentir l'esprit de cette belle A souffrir qu'en secret je la visse chez elle. L'amour aime surtout les secrètes faveurs. Dans l'obstacle qu'on force il trouve des douceurs, Et le moindre entretien de la beauté qu'on aime , Lorsqu'il est défendu , devient grâce suprême, .le vais au rendez-vous; c'en est l'heure à peu près. Puis je veux m'y trouver plutôt avant qu'après.

LA MONTAGNE

Suivrai-je vos pas ?

ÉEASTE.

Non. Je craindrais que peut-être A quelques yeux suspects tu me fisses connaître.

LA MONTAGNE

Mais...

ÉBASTE.

Je ne le veux pas.

LA MONTAGNE

Je dois suivre vos lois :

Mais au moins, si de loin...

ÉHASTE.

Te tairas-tu , vingt fois ?

Et ne veux-tu jamais quitter cette méthode De te rendre à toute heure un valet incommode?

CARITIDÈS, ÉRASTE.

CAKITIDÈS.

Monsieur, le temps répugne à l'honneur de vous voir; Le matin est plus propre à rendre un tel devoir : Jlais de vous rencontrer il n'est pas bien facile. Car vous dormez toujours , ou vous êtes en ville : Au moins, messieurs vos gens me l'assurent ainsi ; Et j'ai, pour vous trouver, pris l'heure que voici. Encore est-ce ungrand heur dont ledestin m'honore ; (;ar, deux moments plus tard , je vous manquais en- ÉBASTE. [core.

Monsieur , souhaitez-vous quelque chose de moi ?

CAEITIDÈS.

Je m'acquitte, monsieur, de ce que je vois doi ; Et vous viens... Excusez l'audace qui m'inspire , Si...

ÉBASTE.qjÛot'X'-^*'*^

Sans tant de faœns , qu'avez-vous à me dire ?

CABITIDÈS.

Comme le rang, l'esprit, la générosité , Que chacun vante en vous...

m m, SCÈNE II.

les

EBASTE.

Oui , je suis fort vanté.

Passons , monsieur. VNjfej-.'^A -rv.vr.

CABITIDÈS.

Monsieur , c'est une peine extrême Lorsqu'il faut à quelqu'un se produire soi-même ; ^'- X**'^. Et toujours près des grands on doit être introduit '■;A^''^ Par des gens qui de nous fassent un peu de bruit , Dont la bouche écoutée avecque poids débite Ce qui peut faire voir notre petit mérite. Pour moi , j'aurais voulu que des gens bien instruits Vous eussent pu, monsieur, dire ce que je suis.

ÉEASTE.

Je vois assez , monsieur , ce que vous pouvez être ,

Et votre seul abord le peut faire connaître, y-.i^vv.''^'

CABITIDÈS. • ' "

Oui , je suis un savant charmé de vos vertus , Non pas de ces savants dont le nom n'est qu'en us , Il n'est rien si commun qu'un nom à la latine : Ceux qu'on habille en grec ont bien meilleure mine; Et pour en avoir un qui se termine en es, Je me fais appeler monsieur Caritidès ■.

ÉEASTE.

Monsieur Caritidès, soit, Qu'avez-vous à dire?

CABITIDÈS.

C'est un placet, monsieur, que je voudrais vous lire. Et que, dans la posture où vous met votre emploi , J'ose vous conjurer de présenter au roi.

ÉEASTE.

Eh! monsieur, vous pouvez le présenter vous-même.

CABITIDÈS.

Il est vrai que le roi fait cette grâce extrême ; Mais, par ce même excès de ses rares bontés , Tant de méchants placets, monsieur, sont présentés. Qu'ils étouffent les bons; et l'espoir où je fonde. Est qu'on donne le mien quand leprinceest sans mon - ÉEASTE. [de.

Eh bien! vous le pouvez, et prendre votre temps.

CABITIDÈS.

Ah ! monsieur , les huissiers sont de terribles gens !

Ils traitent les savants de faquins à nasardes.

Et je n'en puis venir qu'à la salle des gardes.

Les mauvais traitements qu'il me faut endurer:

Pour jamais de la cour me feraient retirer ,

Si je n'avais conçu l'espérance certaine

Qu'auprès de notre roi vous serez mon Mécène.

Oui , votre crédit m'est un moyen assuré... ^-^

ÉEASTE.

Eh bien ! donnez-moi donc, je le présenterai.

CABITIDÈS.

Le voici. Mais au moins oyez-en la lecture.

' Car'didcs est formé de -/.«pt; , grâi:e , et lie la terminaison patronymique «i/cs. 11 &igm\\e cnfnnl oa fih rirs Grdrt-f^W faudrait |iar rc^iiirl pour l'élymologie, écrire Charilidts. (A.)

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Non.

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