‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 312 sur 1284 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ARNOLPHE

Il m'est, lorsque j'y pense, avantageux sans doute D'avoir perdu mes pas , et pu manquer sa route : Car enfin de mon cœur le trouble impérieux N'eût pu se renfermer tout entier à ses yeux ; Il eût fait éclater l'ennui qui me dévore. Et je ne voudrais pas qu'il sût ce qu'il ignore. Mais je ne suis pas homme à gober le morceau , Et laisser un champ libre aux feux du damoiseau. J'en veux rompre le cours , et , sans tarder, apprendre Jusqu'où l'intelligence entre eux a pu s'étendre ;

J'y prends pour mon honneur un notable intérêt , Je la regarde en femme aux termes qu'elle en est ; Elle n'a pu faillir sans me couvrir de honte. Et tout ce (|u'elle a fait enfin est sur mon compte. Éloignement fatal ! voyage malheureux !

( Il frappe à saporte. )

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