‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 313 sur 1284 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ARNOLPHE, ALAIN, GEORGETTE

ALAIN

Ah, monsieur, cette fois...

ARNOLPHE

Paix. Venez çà , tous deux.

Passez là, passez là. Venez là, venez, dis-je.

GEORGETTE

Ail ! vous me faites peur, et tout mon sang se fige.

ARNOLPHE

C'est donc ainsi qu'absent vous m'avez obéi ? Et tous deux de concert vous m'avez donc trahi ?

GEORGETTE , tombant aux genoux d'Jrnolphe. Eh! ne me mangez pas, monsieur, je vous conjure.

ALAIN, à part.

Quelque chien enragé l'a mordu , je m'assure.

ARNOLPHE, à part.

Ouf! je ne puis parler, tant je suis prévenu ; Je suffoque, et voudrais me pouvoir mettre nu.

( à Alain et à Georgette. ) Vous avez donc souffert, ô canaille maudite,

(à Alain qui veut s'enfuir.) Qu'un homme soit venu... Tu veiLx prendre la fuite!

(à Georgette. ) 11 faut que sur-le-champ... Si tu bouges... Je veux

{à Alain.) [deux...

Que vous me disiez... Eh! oui, je veux que tous (Alain et Georgette se lèvent et veulent encore s'enfuir. ) Quiconque remûra , par la mort ! je l'assomme. Comme est-ce que chez moi s'est introduit cet homme ? Eh! parlez. Dépêchez , vite , promptement, tôt. Sans rêver. Veut-on dire ?

ALAIN et GEORGETTE.

Ah! ah!

GEORGETTE, retombant oux genoux d'Arnolphe.

Le cœur me faut.

ALAIN, retombant aux genoux d'.lrnolphe. Je meurs.

ARNOLPHE, à part.

Je suis en eau : prenons un peu d'haleine ; Il faut que je m'évente et que je nie promène. Aurais-je deviné, quand je l'ai vu petit. Qu'il croîtrait pour cela ? Ciel ! que mon cœur pâtit ! Je pense qu'il vaut mieux que de sa propre bouche Je tire avec douceur l'affaire qui me touche.

L'ECOLE DES FEMMES

Tâchons à modérer notre ressentiment, l'atience , mon cœur , doucement , doucement.

( à Alain et à Georgelte. ) Levez-vous, et, rentrant, faites qu'Agnès descende.

(à part.) Arrêtez. Sa surprise en deviendrait moins grande : Du chagrin qui me trouble ils iraient l'avertir , Et moi-même je veux l'aller faire sortir.

( à Alain et à Georgette. ) Que Ton m'attende ici.

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