‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 318 sur 1284 · LÉCOLE DES FEMMES, ACIE U, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

LÉCOLE DES FEMMES, ACIE U, SCÈNE VI

Et de ces beaux hlondins écouter los sornettes ; Que. se laisser par eux , à forces de lani.'U('ur , Kaiser ainsi les mains et elialouiller le cieur , Est un péclié mortel des plus gros qu'il se fasse.

AGNÈS

Un péché, dites-vous? Et la raison, de grâce?

ARNOLPHE

La raison? La raison est l'arrct prononcé (Jue par ces actions le ciel est courroucé.

AGNÈS

Ctnirroucé ! Mais pourquoi faut-il qu'il s'en courrouce ? C'est une chose, hélas! si plaisante ' et si douce. J'adiiiiie quelle joie on goilte à tout cela; Et je ne savais point encor ces choses-là.

AENOLl'HE.

Oui . c'est un grand plaisir que toutes ces tendresses , Ces propos si gentils , et ces douces caresses ; Mais il faut le goûter en toute honnêteté. Et qu'en se mariant le crime en soit ôté.

AGNÈS

J\'est-ce plus un péché lorsque l'on se marie?

AKNOLPHE.

[Non.

AGNÈS

Mariez-moi donc promptement, je vous prie.

AllNOLPHE.

.Si vous le souhaitez, je le souhaite aussi , ICt pour vous marier on me revoit ici.

AGNÈS

Est-il possible?

ARNOLPHE

Oui.

AGNÈS

Que vous me ferez aise !

aunolphe.

Oui , je ne doute point que l'hymen ne vous plaise.

AGNÈS

Vous nous voulez nous deux...

ARNOLPHE

Rien de plus assuré.

AGNÈS

Que , si cela se fait , je vous caresserai !

ARNOLPHE

l'.li ! la chose sera de ma part réciproque.

AGNÈS

.le ne reconnais point, pour moi, quand on se moque, l'arlcz-vous tout de bon ?

AKNW-PHE.

Oui , vous le pourrez voir.

' /'/uKrtnfestprisicuIan'î une acception qui sVsl perdue. On disait autrefois ti\mQ chose aj^rêahle, séduisante, voluptueuse, que c'était c/iose pliihonte^ rcs volifpttinsa. Celle ancienne acreptiiin s'est conservée dans le mol déjiltihatit , par li-quei on tnleiul qu'une chose ne plail pas.

AUNES

Nous serons mariés?

ABKOLPHE.

Oui.

AGNÈS

Mais quand :

ARNOLPHE

AGNÈS , riant.

Dès ce soir.

Dès ce soir?

ARNOLPHE

Dès ce soir. Cela vous fait donc rire?

AGNÈS

Oui.

ARNOLPHE

Vous voir bien contente est ce que je désire.

Ilélas ! que je vous ai grande obligation, Et qu'avec lui j'aurai de satisfaction!

ARNOLPHE

Avec qui ?

AGNÈS

Avec... Là...

ARNOLPHE

Là... là n'est pas mon compte A choisir un mari vous êtes un peu prompte. C'est un autre, en un mot, queje vous tiens tout prêt. Et quant au monsieur là , je prétends , s'il vous plaît , Dilt le mettre au tombeau le mal dont il vous berce , Qu'avec lui désormais vous rompiez tout commerce; Que, venant au logis , pour votre compliment. Vous lui fenniez au nez la porte honnêtement ; Et lui jetant, s'il heurte, un grès par la fenêtre, L'obligiez tout de bon à ne plus y paraître. M'entendez-vous, Agnès? Jloi, caché dans un coin. De votre procédé je serai le témoin.

AGNÈS

Las! il est si bien fait! C'est...

ARNOLPHE

Ah ! ([ue de langage!

AGNÈS

Je n'aurai pas le cœur...

ARNOLPHE

Point de bruit davantage.

îMontez là-haut.

Mais quoi! voulez -vous...

ARNOLPHE

C'est Kscz.

.le suis maître, je parle; allez, obéissez.

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