LÉCOLE DES FEMMES, ACIE U, SCÈNE VI
Et de ces beaux hlondins écouter los sornettes ; Que. se laisser par eux , à forces de lani.'U('ur , Kaiser ainsi les mains et elialouiller le cieur , Est un péclié mortel des plus gros qu'il se fasse.
AGNÈS
Un péché, dites-vous? Et la raison, de grâce?
ARNOLPHE
La raison? La raison est l'arrct prononcé (Jue par ces actions le ciel est courroucé.
AGNÈS
Ctnirroucé ! Mais pourquoi faut-il qu'il s'en courrouce ? C'est une chose, hélas! si plaisante ' et si douce. J'adiiiiie quelle joie on goilte à tout cela; Et je ne savais point encor ces choses-là.
AENOLl'HE.
Oui . c'est un grand plaisir que toutes ces tendresses , Ces propos si gentils , et ces douces caresses ; Mais il faut le goûter en toute honnêteté. Et qu'en se mariant le crime en soit ôté.
AGNÈS
J\'est-ce plus un péché lorsque l'on se marie?
AKNOLPHE.
[Non.
AGNÈS
Mariez-moi donc promptement, je vous prie.
AllNOLPHE.
.Si vous le souhaitez, je le souhaite aussi , ICt pour vous marier on me revoit ici.
AGNÈS
Est-il possible?
ARNOLPHE
Oui.
AGNÈS
Que vous me ferez aise !
aunolphe.
Oui , je ne doute point que l'hymen ne vous plaise.
AGNÈS
Vous nous voulez nous deux...
ARNOLPHE
Rien de plus assuré.
AGNÈS
Que , si cela se fait , je vous caresserai !
ARNOLPHE
l'.li ! la chose sera de ma part réciproque.
AGNÈS
.le ne reconnais point, pour moi, quand on se moque, l'arlcz-vous tout de bon ?
AKNW-PHE.
Oui , vous le pourrez voir.
' /'/uKrtnfestprisicuIan'î une acception qui sVsl perdue. On disait autrefois ti\mQ chose aj^rêahle, séduisante, voluptueuse, que c'était c/iose pliihonte^ rcs volifpttinsa. Celle ancienne acreptiiin s'est conservée dans le mol déjiltihatit , par li-quei on tnleiul qu'une chose ne plail pas.
AUNES
Nous serons mariés?
ABKOLPHE.
Oui.
AGNÈS
Mais quand :
ARNOLPHE
AGNÈS , riant.
Dès ce soir.
Dès ce soir?
ARNOLPHE
Dès ce soir. Cela vous fait donc rire?
AGNÈS
Oui.
ARNOLPHE
Vous voir bien contente est ce que je désire.
Ilélas ! que je vous ai grande obligation, Et qu'avec lui j'aurai de satisfaction!
ARNOLPHE
Avec qui ?
AGNÈS
Avec... Là...
ARNOLPHE
Là... là n'est pas mon compte A choisir un mari vous êtes un peu prompte. C'est un autre, en un mot, queje vous tiens tout prêt. Et quant au monsieur là , je prétends , s'il vous plaît , Dilt le mettre au tombeau le mal dont il vous berce , Qu'avec lui désormais vous rompiez tout commerce; Que, venant au logis , pour votre compliment. Vous lui fenniez au nez la porte honnêtement ; Et lui jetant, s'il heurte, un grès par la fenêtre, L'obligiez tout de bon à ne plus y paraître. M'entendez-vous, Agnès? Jloi, caché dans un coin. De votre procédé je serai le témoin.
AGNÈS
Las! il est si bien fait! C'est...
ARNOLPHE
Ah ! ([ue de langage!
AGNÈS
Je n'aurai pas le cœur...
ARNOLPHE
Point de bruit davantage.
îMontez là-haut.
Mais quoi! voulez -vous...
ARNOLPHE
C'est Kscz.
.le suis maître, je parle; allez, obéissez.