‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 335 sur 1284 · LÉCOI.F DES FEMMES, ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

LÉCOI.F DES FEMMES, ACTE V, SCÈNE I

l'JO

Pensez-vous qu'à choisir de deux ciioses prescrites , Je n'aimasse pas mieux être ce que vous dites , Que de me voir mari de ces femmes de bien , Dont la mauvaise humeur fait un procès sur rien ; Ces dragons de vertu , ces honnêtes diablesses. Se retranchant toujours sur leurs sages prouesses ; Qui , pour un petit tort qu'elles ne nous font pas , Prennent droit de traiter les gens de haut en bas , Et veulent , sur le pied de nous être fidèles , Que nous soyons tenus à tout endurer d'elles ? Encore un coup , compère , apprenez qu'en effet Le cocuage n'est que ce que l'on le fait ; Qu'on peut le souhaiter pour de certaines causes, Et qu'il a ses plaisirs comme les autres choses.

AKNOLPHE.

Si vous êtes d'humeur à vous en contenter, Quant à moi , ce n'est pas la mienne d'en tâter ; Et plutôt que subir une telle aventure...

CHRYSALDE.

Mon Dieu! ne jurez point, de peur d'être parjure. Si le sort l'a réglé, vos soins sont superflus; Et l'on ne prendra pas votre avis là-dessus.

ABNOLPHE.

Moi, je serais cocu?

CHBYSALDE.

Vous voilà bien malade !

Mille gens le sont bien , sans vous faire bravade, Qui de mine, de cœur, de biens , et de maison, Ke feraient avec vous nulle comparaison.

ARNOLPHE

Et moi , je n'en voudrais avec eux faire aucune. Mais cette raillerie, en un mot, m'importune; Brisons là , s'il vous plaît.

CHRYSALDE.

Vous êtes en courroux !

Nous en saurons la cause. Adieu. Souvenez-vous , Quoi que sur ce sujet votre honneur vous inspire, Que c'est être à demi ce que l'on vient de dire, Que de vouloir jurer qu'on ne le sera pas.

ARNOLPHE

5Ioi, je le jure encore, et je vais de ce pas Contre cet accident trouver un bon remède.

( // court heurter à sa porte. )

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