‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 336 sur 1284 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ARNOLPHE, ALAIN, GEORGEriE.

ARNOLPHE

l\Ies amis, c'est ici que j'implore votre aide.

.Te suis édifié de votre affection ;

Mais il faut qu'elle éclate en cette occasion ;

Et. si vous m'y servez selon ma conOance,

Vous êtes assurés de votre récompense.

L'homme que vous savez ( n'eu faites point de bruit )

Veut, comme je l'ai su, m'attraper celte nuit. Dans la chambre d'Agnès entrer par escalade; Mais il lui faut , nous trois , dresser une embuscade. Je veux que vous preniez chacun un bon bâton , Et , quand il sera près du dernier échelon { Car dans le temps qu'il faut j'ouvrirai la fenêtre). Que tous deux à l'envi vous me chargiez ce traître. Mais d'un air dont son dos garde le souvenir, Et qui lui puisse apprendre à n'y plus revenir; Sans me nommer pourtant en aucune manière , Ni faire aucun semblant que je serai derrière. Aurez-vous bien l'esprit de servir mon courroiu .'

ALAIN

S'il ne tient qu'à frapper , monsieur , tout est à nous : Vous verrez, quand je bats, si j'y vais de main morte.

GEOBGETTE.

La mienne, quoique aux yeux elle n'est pas si forte. N'en quitte pas sa part à le bien étriller.

ARNOLPHE

Rentrez donc ; et surtout gardez de babiller.

( seul. ) Voilà pour le prochain une leçon utile; Et si tous les maris qui sont en cette ville De leurs femmes ainsi recevaient le galant , Le nombre des cocus ne serait pas si grand.

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