‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 375 sur 1284 · IR · texte numérisé non relu

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tre liuiueur. lûdiez donc de bien prendre tous le caractère de vos rôles, et de vous figurer que vous êtes ce que vous représentez.

( à (lu Crois y. )

Vous faites le poëte, vous, et vous devez vous remplir de ce personnaiije, marquer cet air pédant qui se conserve parmi le commerce du beau monde , ce ton de voix sentencieux , et cette exactitude de prononciation qui appuie sur toutes les syllabes , et ne laisse écliapper aucune lettre de la plus sévère ortliographe.

( à Brécourt. )

Pour vous, vous faites un honnête homme de cour, comme vous avez déjà fait dans la Critique de l'Ecole des femmes, c'est-à-dire que vous devez prendre un air posé, un ton de voix naturel, et gesticuler le moins qu'il vous sera possible.

( à la Grange. )

Pour vous , je n'ai rien à vous dire, (à mademoiselle Béjart. )

Vous, vous représentez une de ces femmes qui, pourvu qu'elles ne fassent point l'amour, croient que tout le reste leur est permis; de ces femmes qui se retranchent toujours fièrement sur leur pruderie, regardent un chacun de haut en bas , et veulent que toutes les plus belles qualités que possèdent les autres ne soient rien en comparaison d'un misérable honneur dont personne ne se soucie. Ayez toujours ce caractère devant les yeux , pour en bien faire les grimaces.

( à mademoiselle de Brie. )

Pour vous , vous faites une de ces femmes qui pensent être les plus vertueuses personnes du monde, pourvu qu'elles sauvent les apparences ; de ces femmes qui croient que le péché n'est que dans le scandale, qui veulent conduire doucement les affaires qu'elles ont sur le pied d'attachement honnête, et appellent amis ce que les autres nomment galants. Entrez bien dans ce caractère, (à mademoiselle Molière. )

Vous , vous faites le même personnage que dans la Critique, et je n'ai rien à vous dire, non plus qu'à mademoiselle du Parc.

( à mademoiselle du Croisij. )

Pour vous , vous représentez une de ces personnes qui prêtent doucement des charités à tout le monde '; de ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, et seraient bien fAchces d'avoir souffert qu'on eiH dit du bien du prochain. Je crois que vous ne vous acquitterez pas mal de ce rôle.

' Prélrrdes cliarilcs à quelqu'un est une cxprpssion proverbiale qui n'est plus piére en usaije, el qui sisnilic vouloir faire croire que quelqu'un a fait ou dit quelque chose (|u'il n'a ni fait ni dit. (A.)

( à mademoiselle Ilercé. ) Et pour vous, vous êtes la soubrette de la précieuse qui se mêle de temps en temps dans la conversation, et attrape, comme elle peut, tous les termes de sa maîtresse. Je vous dis tous vos caractères , a(in que vous vous les imprimiez fortement dans l'esprit. Commençons maintenant à répéter, el voyons comme cela ira. Ah! voici justement un fûchcux ! Il ne nous fallait plus que cela.

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