SCÈNE II
LÉANDRE, MASCARILLE
MASCAItII.I.E.
Monsieur, j'ai perdu temps , votre homme se dédit.
LÉANDRE
De la chose lui-même il m'a fait un récit ;
Mais c'est bien plus : j'ai su que tout ce beau mystère
D'un rapt d'Égyptiens, d'un grand seigneur pour père
Qui doit partir d'Espagne, et venir en ces lieux ,
N'est qu'un pur stratagème , un trait facétieux ,
Une histoire à plaisir, un conte dontLélie
A voulu détourner notre achat de Célie.
MASCABILLE.
Voyez un peu la fourbe!
LÉANDBE.
Et pourtant Trufaldin Est si bien imprimé de ce conte badin , Mord si bien à l'appât de cette faible ruse , Qu'il ne veut point souffrir que l'on le désabuse.
MASCABILLE.
C'est pourquoi désormais il la gardera bien , Et je ne vois pas lieu d'y prétendre plus rien.
LÉANDRE
Si d'abord à mes yeux elie parut aimable , Je viens de la trouver tout à fait adorable ; Et je suis en suspens si , pour me l'acquérir. Aux extrêmes moyens je ne dois point courir, Par le don de ma foi rompre sa destinée , Et changer ses liens en ceux de l'hyménée.
Vous pourriez l'épouser.'
LÉANDBE.
Je ne sais ; mais enfin , Si quelque obscurité se trouve en son destin ,