‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 428 sur 1284 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

UORON.

Ty consens; Il n'est pas généreux, mais il est de bon sens.

ARBATE.

Mais par quelques exploits si l'on ne s'éternise...

MORON

Je suis votre valet. J'aime mieux que l'on dise : C'est ici qu'en fuyant , sans se faire prier, Moron sauva ses jours des fureurs d'un sanglier. Que si l'on y disait : Voilà l'illustre place Où le brave .Moron, d'une héroïque audace, Affrontant d'un sanglier l'impétueux effort, Par un coup de ses dents vit terminer soc sort.

ELBVALE.

Fort bien.

MORON

Oui. J'aime mieux, n'en déplaiseàla gloire. Vivre au monde deux jours, que mille ans dans l'his- EiîRVALE. [toire.

En effet , ton trépas fâcherait tes amis. Mais si de ta frayeur ton esprit est remis, Puis-je te demander si du feu qui me brûle...

MORON

Il ne faut pas, seigneur, que je vous dissimule;

Je n'ai rien fait encore, et n'ai point rencontré

De temps pour lui parler qui fdt selon mon gré.

L'office de bouffon a des prérogatives ;

Mais souvent on rabat nos libres tentatives.

Le di-scours de vos feux est un peu délicat ,

Et c'est chez la princesse une affaire d'état.

^'ous savez de quel titre elle se glorifie ,

Et qu'elle a dans la tête une philosophie

Qui déclare la guerre au conjugal lien ,

Et vous traite l'.^mour de déité de rien.

Pour n'effaroucher point son humeur de tigresse,

Il me faut manier la chose avec adresse;

Car on doit regarder comme l'on parle aux grands ,

I';t vous êtes parfois d'assez fâcheuses gens.

Laissez-moi doucement conduire cette trame.

Je me sens là pour vous un zèle tout de flamme ;

Vous êtes né mon prince, et quelques autres nœuds

Pourraient contribuer au bien que je vous veux.

Ma mère, dans son temps , passait pour assez belle,

Et natmellement n'était pas fort cruelle ;

Feu votre père alors , ce prince généreax ,

Sur la galanterie était fort dangereux ;

Et je sais qu'Elpénor, qu'on appelait mou père,

A cause qu'il était le mari de ma mère ,

Contait pour grand honneur aux pasteurs d'anjmir-

Que le prince autrefois était venu chez lui, [dhui

Et ([ue, durant ce temps, il avait l'avantage

De se voir salué de tous ceux du village.

Basle! Quoi qu'il en soit , je veux par mes travaax...

Mais voici la princesse et deux de vos rivaux.

LA PRINCESSE DELIDE, PREMIEU IMTERMEDE.

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