‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 445 sur 1284 · L.i PBISCESSE · texte numérisé non relu

L.i PBISCESSE

Tu as donc familiarité, Moron, avec le prince dltbaque?

MOEON.

Ah! madame, il y a longtemps que nous nous connaissons.

LA PBINCESSB.

D'où vient (ju'il n'est pas venu jusqu'ici , et qu'il a pris cette autre route quand il m'a Mie ?

MOEON.

C'est un homme bizarre , qui ne se plaît qu'à entretenir ses pensées.

LA PEIKCESSE.

Étais-tu tantôt au compliment qu'il m'a fait ?

MOEON.

Oui, madame, j'y étais; et je l'ai trouvé un peu impertinent , n'en déplaise à sa principauté.

LA PEIKCESSE.

Pour moi, je le confesse, Moron, cette fuite m'a choquée; et j'ai toutes les envies du monde de l'engager, pour rabattre un peu son orgueil.

MOEON.

Ma foi , madame , vous ne feriez pas mal ; il le mériterait bien : mais, à vous dire vrai, je doute fort que vous y puissiez réussir.

LA PBrXCESSE.

Comment ?

MOEON.

Comment? C'est le plus orgueilleux petit vilain que vous ayez jamais vu. Il lui semble qu'il n'y a personne au monde qui le mérite, et que la terre n'est pas digne de le porter.

LA PBINCESSB.

aiais encore, ne t'a-t-il point parlé de moi?

MOBON.

Lui? Non.

LA PBINCESSE.

Il ne t'a rien dit de ma voLx et de ma danse?

MOEON.

Pas le moindre mot.

LA PBINCESSE.

Certes , ce mépris est choquant, et je ne puis souffrir cette hauteur étrange de ne rien estimer.

MOEON.

Il n'estime et n'aime que lui.

LA PBINCESSE.

Il n'y a rien que je ne fasse pour le soumettre comme il faut.

MOBON.

Nous n'avons point de marbre dans nos montagnes qui soit plus dur et plus insensible que lui.

LA PBINCESSE.

Le voilà.

MOEON.

Voyez-vous comme il passe, sans prendre garde à vous ?

LA PBINCESSE.

De grâce , Moron , va le faire aviser que je suis ici , et l'oblige à me venir aborder.

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