LA PRINCESSE, EURYALE, ARBATE, MORON
MOEON, allant au-devant d'Euryale, et lui parlant bas.
Seigneur, je vous donne avis que tout va bien. La princesse souhaite que vous l'abordiez ; mais songez bien à continuer votre rôle ; et , de peur de l'oublier, ne soyez pas longtemps avec elle.
LA PBINCESSE.
Vous êtes bien solitaire, seigneur; et c'est une humeur bien extraordinaire que la vôtre, de renoncer ainsi à notre sexe, et de fuir, à votre âge, cette galanterie dont se piquent tous vos pareils.
EUBYALE.
Cette humeur, madame, n'est pas si extraordinaire qu'on n'en trouvât des exemples sans aller loin d'ici ; et vous ne sauriez condamner la résolution que j'ai prise de n'aimer jamais rien, sans condamner aussi vos sentiments.
LA PBINCESSE.
Il y a grande différence ; et ce qui sied bien à un sexe ne sied pas bien à l'autre. Il est beau qu'une femme soit insensible, et conserve son cœur exempt