‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 497 sur 1284 · LE FESTIN DE PIERUE, ACTE IV, SCENE IX · texte numérisé non relu

LE FESTIN DE PIERUE, ACTE IV, SCENE IX

fait dans le iiiorule pour être gentilliomine? Croyezvous r|u"il suffise d'en porter le nom et les arines, et que ce nous soit une gloire d'être sortis d'un sang noble, lorscpie nous vivons en infimes? Non, non, la naissance n'est rien où la vertu n'est pas. Aussi, nous n'avons part à la gloire de nos ancêtres (|u'aut'ant que nous nous efforçons de leur ressend)ler ; et cet éclat de leurs actions qu'ils répandent sur nous nous impose un engagement de leur faire le même honneur, de suivre les pas qu'ils nous tracent, et de ne point dénégérer de leur vertu, si nous voulons être estimés leurs véritables descendants. Ainsi, vous descendez en vain des aïeux dont vous êtes né; ils vous désavouent pour leur sang, et tout ce qu'ils ont Ciit d'illustre ne vous donne aucun avantage; au contraire, l'éclat n'en rejaillit sur vous qu'à votre déshonneur, et leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d'im chacun la honte de vos actions. Apprenez enfin qu'un genlilhomme (lui vit mal est un monstre dans la nature; que la vertu est le premier titre de noblesse; que je regarde bien moins au nom qu'on signe qu'aux actions qu'on fait, et que je ferais plus d'état du fils d'un crocheteur qui serait honnête homme, que du fils d'un monarque qui vivrait comme vous.

rON JUAN.

Monsieur, si vous étiez assis , vous en seriez mieux pour parler.

DON LOUIS

Non, insolent, je ne veu.x point ni'asseoir, ni parler davantage , et je vois bien que toutes mes paroles ne font rien sur ton âme; mais sache, fils indigne, que la tendresse paternelle est poussée à bout par tes actions; que je saurai, plus tôt que tu ne penses, mettre une borne à tes dérèglements , prévenir sur toi le courroux du ciel , et laver, par ta punition , la honte de t'avoir fait naître.

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