‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 550 sur 1284 · ACTE I, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL

Et vos expressions ne sont point naturelles.

Qu'est-ce que : Nous berce un temps notre ennui? Et que. Rien ne marche après lui?

Que, Ne vous pas mettre en dépense.

Pour ne me donner que l'espoir?

Et que, P/illis, on désespère.

Alors qu'on espère toujours ?

Ce style figuré , dont on fait vanité

Sort du bon caractère et de la vérité ,

Ce n'est que jeu de mots , qu'affectation pure ,

Et ce n'est point ainsi que parle la nature.

Le méchant goilt du siècle en cela me fait peur;

Nos pères, tout grossiers, l'avaient beaucoup meilleur;

Et je prise bien moins tout ce que l'on admire.

Qu'une vieille chanson que je m'en vais vous dire ;

Si le roi m'avait donné

Paris, sa grand' ville, Et qu'il me faillit (juitter

L'amour de ma mie.

Je dirais au roi Henri :

Reprenez votre Paris , J'aime mieux ma mie , ô gué!

J'aime mieux ma mie.

La rime n'est pas riche , et le stj le en est vieux : RFais ne voyez-vous pas que cela vaut bien mieux Que ces colifichets dont le bon sens murmure. Et que la passion parle là toute pure ?

Si le roi m'avait donné

Paris, sa grand' ville.

Et qu'il me fallût quitter

L'amour de ma mie.

Je dirais au roi Henri :

Reprenez votre Paris, J'aime mieux ma mie, ô gué!

J'aime mieux ma mie.

Voilà ce que peut dire un cœur vraiment épris.

( à Philinle , qui rit. ) Oui, monsieur le rieur, malgré vos beaux esprits, J'estime plus cela que îa pompe fleurie De tous ces faux brillants où chacun se récrie.

ORONTE

Et moi , je vous soutiens que mes vers sont fort borrs.

Pour les trouver ainsi, vous avez vos raisons ;

Mais vous trouverez bon que j'en puisse avoir d'autres

Qui se dispenseront de se souiuettre aux vôtres.

ORONTE

11 me suffit de voir que d'autres en font cas.

ALCESTE

C'est qu'ils ont l'art de feindre ; et moi , je ne l'ai («s.

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