ACTE II, SCËiNE IIL
Et rien ne saurait plus vous tromper que vous-même : Soyez content.
ALCESTE
Morbleu! faut-il queje vous aime!
Ah! que si de vos mains je rattrape mon cœur. Je bénirai le ciel de ce rare bonheur! Je ne le cèle pas , je fais tout mon possible A rompre de ce cœur l'attachement terrible. Mais mes plus grands efforts n'ont rien fait jusqu'ici : Et c'est pour mes péchés queje vous aime ainsi.
CÉLIMÈNE
Il est vrai , votre ardeur est pour moi sans seconde.
ALCESTE
Oui , je puis là-dessus défier tout le monde. Mon amour ne se peut concevoir; et jamais Personne n'a, madame, aimé comme je fais.
CÉLIMÈNE
En effet , la méthode en est toute nouvelle, Car vous aimez les gens pour leur faire querelle ; Ce n'est qu'en mots fâcheux qu'éclate votre ardeui- , Et l'on n'a vu jamais un amour si grondeur.
ALCESTE
Mais il ne tient qu'à vous que son chagrin ne pas.se. A tous nos démêlés coupons chemin , de grâce ; Parlons à cœur ouvert , et voyons d'arrêter...