MÉLICERTE, ACTE II, SCÈNE V
Que vos vœux , par leur rang , ne sont point ébranlés , Et que , bien qu" elles soient nobles , riches et belles , Votre cœur m'aime assez pour me mieux aimer qu'elles : Mais ce n'est pas l'amour dont vous suivrez la voix : Votre père , Myrtil , réglera votre choix , Et , de même qu'à vous , je ne lui suis pas chère , Pour préférer à tout une simple bergère.
MVETIL.
Non , chère Mélicerte , il n'est père ni dieux Qui me puissent forcer 5 quitter vos beaux yeux ; Et toujours de mes vœux reine comme vous êtes...
MÉLICERTE
Ah! Myrtil, prenez garde à ce qu'ici vous faites : ^'allez point présenter un espoir à mon cœur Qu'il recevrait peut-être avec trop de douceur, Et qui , tombant après comme un éclair qui passe, Me rendrait plus cruel le coup de ma disgrâce.
MVBTIL.
Quoi ! faut-il des serments appeler le secours, Lorsque l'on vous promet de vous aimer toujours? Que vous vous faites tort par de telles alarmes , Et connaissez bien peu le pouvoir de vos charmes ! Eh bien! puisqu'il le faut, je jure par les dieux, Et , si ce n'est assez , je jure par vos yeux , Qu'on me tuera plutôt que je vous abandonne. Recevez-en ici la foi que je vous donne, Et souffrez que ma bouche, avec ravissement , Sur cette belle main en signe le serment.
MÉLICEBTE.
Ah! Myrtil, levez-vous, de peur qu'on ne vous voie.
MYBTIL.
Est-il rien... Mais , ô ciel ! on vient troubler ma iuie !