HAU
Je suis don Gilles d'Avalos; et l'histoire d'Espagne vous doit avoir instruit de mou mérite.
DON PÈDBE.
Souhaitez-vous quelque chose de moi.'
HALI
Oui, im conseil sur un fait d'honneur. Je sais
qu'en ces matières il est malaisé de trouver un cavalier plus consommé que vous ; mais je vous demande, pour grâce, que nous nous tirions à l'écart.
DON PÈDBE.
Nous voilà assez loin.
ADBASTE, à don Pèdre, qtd le surprend parlant bas a Isidore.
Elle a les yeux bleus.
HALI , tirant don Pèdre, pour l'éloigner d'Adraste et d'Isidore.
Seigneur, j'ai reçu un soufflet. Vous savez ce qu'est un soufQet , lorsqu'il se donne à main ouverte , sur le beau milieu de la joue. J'ai ce soufllet fort sur le cœur; et je suis dans l'incertitude si, pour me venger de l'aâront, je dois me battre avec mon homme , ou bien le faire assassiner.
DON PÈDBE.
Assassiner, c'est le plus court chemin. Quel est votre ennemi.'
HALI
Parlons bas , s'il vous plaît.
{Hali tient don Pèdre, en lui parlant, de façon qu'il
ne peut voir Adraste. )
ADBASTE, aux genoux d'Isidore, pendant que don
Pèdre et Hali parlent bas ensemble.
Oui, charmante Isidore, mes regards vous le disent depuis plus de deux mois , et vous les avez entendus. Je vous aime plus que tout ce que l'on peut aimer, et je n'ai point d'autre pensée, d'autre but, d'autre passion , que d'être à vous toute ma vie.
ISIDOBE.
Je ne sais si vous dites vrai ; mais vous persuadez.
ADBASTE.
Biais vous persuadé-je jusqu'à vous inspirer quelque peu de bonté pour moi?
ISIDOBE.
Je ne crains que d'en trop avoir.
ADBASTE.
En aurez-vous assez pour consentir, belle Isidore , au dessein que je vous ai dit?
ISIDOBE.
Je ne puis encore vous le dire.
ADBASTE.
Qu'attendez-vous pour cela?
ISIDOBE.
A me résoudre.
ADBASTE.
Ah ! quand on aime bien, on se résout bientôt.
ISIDORE
Eh bien! allez , oui , j'y consens.
ADBASTE.
Mais consentez-vous, dites-moi, que ce soit dès ce moment même?
ISIDOnE.
Lorsqu'on est une l'ois résolu sur la chose, s'arrêtet-on sur le temps?
DON PÈDBE, à J/ali.
Voilà mon sentiment , et je vous baise les mains.
HALI
Seigneur, quand vous aurez reçu quelque soufflet , je suis aussi homme de conseil; et je pourrai vous rendre la pareille.
DON pi;DRE.
Je vous laisse aller, sans vous reconduire ; mais , entre cavaliers , cette liberté est permise. ADKASTE , a Isidore.
Non , il n'est rien qui puisse effacer de mon cœur es tendres témoisinages... ( à don Pèdre, apercevant .idraste qui parle de près à Isidore.) Je regardais ce petit trou qu'elle a du côté du menton , et je croyais d'abord que ce fût une tache. Mais c'est assez pour aujourd'hui , nous finirons une autre fois. ( à don Pèdre qui veut voir le portrait.) Ison , ne regardez rien encore; faites serrer cela, je vous prie; ( à Isidore ) et vous, je vous conjure de ne vous relâcher point , et de garder un esprit gai , pour le dessein que j'ai d'achever notre ouvrage.
ISIDOEE.
Je conserverai pour cela toute la gaieté qu'il faut.