‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 69 sur 1284 · CÉLIE, ANDRÈS · texte numérisé non relu

CÉLIE, ANDRÈS

ANDRÈS

Vous le savez, Célie, il n'est rien que mon cœur N'ait fait pour vous prouver l'excès de son ardeur. Cluv. les Vénitiens , dès un assez jeune âs^e , La guerre en quelque estime avait mis mon courage, Et j'y pouvais un jour , sans trop croire de moi , Prétendre, en les servant, un honorable emploi ; Lorsqu'on me vit pour vous oublier toute chose. Et que le prompt effet d'une métamorphose. Qui suivit de mon cœur le soudain changement , Parmi vos compagnons sut ranger votre amant , Sans que mille accidents, ni votre indifférence. Aient pu me détacher de ma persévérance. Depuis , par un hasard , d'avec vous séparé Pour beaucoup plus de temps que je n'eusse auguré. Je n'ai , pour vous rejoindre , épargné temps ni peine ; Enfin ayant trouvé la vieille Égyptienne , Et plein d'impatience, apprenant votre sort, Que pour certain argent qui leur importait fort , Et qui de tous vos gens détourna le naufrage , Vous aviez en ces lieux été mise en otage. J'accours vite y briser ces chaînes d'intérêt , Et recevoir de vous les ordres qu'il vous plaît : Cependant on vous voit une morne tristesse Alors que dans vos yeux doit briller l'allégresse. Si pour vous la retraite avait quelques appas , Venise, du butin fait parmi les combats, Aie garde pour tous deux de quoi pouvoir y vivre ; Que si , comme devant , il vous faut encor suivre , J'y consens, et mon cœur n'ambitionnera Que d'être auprès de vous tout ce qu'il vous plair-a.

CELTE

Votre zèle pour moi visiblement éclate :

Pour en paraître triste , il faudrait être ingrate ;

Et mon visage aussi , par son émotion ,

N'explique point mon cœur en cette occasion.

Une douleur de tête y peint sa violence;

Et si j'avais sur vous quelque peu de puissance ,

Notre voyage, au moins pour trois ou quatre jours.

Attendrait que ce mal eilt pris un autre cours.

ANDKi';S.

Autant (jue vous voudrez, faites qu'il se diffère.

AMDBES.

Seigneur Suisse , étes-vous de ce logis le maître?

UASCABILLK.

Moi pour serfir à fous. j^

ASDIIÈS.

Pourrons-nous y bien être.'

MASCAIULI-E.

Oui ; moi pour d'étranclier chafons champre carni. Ma che non point locher te chans de méchant vi.

ANDRÈS

Je crois votre maison franche de tout ombrage.

MASCARILLE

Fous noufeau dans sti lil , moi foir à la Gssage.

AKDBES.

Oui.

La matame est-il mariage al monsieur?

APJDBES.

Quoi?

MASCARILLE

S'il être son famé, ou s'il être son sœur?

ANDRÈS

Non.

MASCARILLE

Mon foi , pien choli ; fenir pour marchanlisse. Ou pien pour temanter à la palais choustice? I,a procès il faut rien , il coiHer tant t'archant! >-<«(::— La procurair hirron , l'afocat pien méchant.

ANDRÈS

Ce n'est pas pour cela.

MASCARILLE

Fous tonc mener sti file Pour fenir pourniener et recarter la file?

ANDRÈS

{à Cèlie. ) Il n'im[)orte. Je suis à vous dans un moment. Je vais faire venir la vieille promptement , Contremander aussi notre voiture prête.

MASCARILLE

Li ne porte pas pien.

ANDRÈS

Elle a mal à la tête.

Moi chafoir te pon lin et te fromage pon. Entre fous, entre fous tans mon petit maisson.

( Cilic, Audits cl Ma^caiille, nitmi/dansla maison.)

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