‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 700 sur 1284 · TARTUFFE, D0RI3SE · texte numérisé non relu

TARTUFFE, D0RI3SE

TARTUFFE ; parlant haut à son valet , qui est dans

la maison , dés qu'il aperçoit Dorine.

Laurent, serrez ma liaire avec ma discipline, Et priez que toujours le ciel vous illumine. Si l'on vient pour me voir, je vais aux prisonniers Des aumônes que j'ai partager les deniers.

DOBINE, à part.

Que d'affectation et de forfanterie !

TARTUFFE

Que voulez-vous ?

DORINE

Vous dire...

TARTUFFE, tirant un mouchoir de sa poche.

Ah! mon Dieu! je vous prie, Avant que de parler , prenez-moi ce mouchoir.

Comment !

TARTUFFE

Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées.

DORINE

Vous êtes donc bien tendre à la tentation ; El la chair sur vos sens fait grande impression ! Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte : Mais à convoiter, moi , je ne suis point si prompte ; Et je vous verrais nu , du haut jusques en bas , Que toute votre peau ne me tenterait pas.

TARTUFFE

Mettez dans vos discours un peu de modestie , Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.

DOBINE.

Kon , non , c'est moi qui vais vous laisser en repos, Kl je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots. Madame va venir dans celte salle basse. Et d'un mot d'entretien vous demande la grâce.

TARTUFFE

Hélas! très-volontiers.

DOBINE, à part.

Comme il se radoucit!

Ma foi , je suis toujours pour ce que j'en ai dit.

TARTUFFE

Viendra-t-elle bientôt ?

Je lentends , ce me semble.

Oui, c'est elle en personne, et je vous laisse ensemble.

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