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SCÈNE III

ELMIRE, TARTUFFE

TARTUFFE

Que le ciel à jamais , par sa toute-bonté , l'.t de l'âme et du corps vous donne la santé, Et bénisse vos jours autant que le désire Le plus humble de ceux que son amour inspire !

ELMIRE

Je suis fort obligée à ce souhait pieux.

.Mais prenons une chaise , aDn d'être un peu mieux

TARTUFFE, assiS.

Comment de votre mal vous sentez-vous remise ?

ELMIRE , assise.

Fort bien; et cette fièvre a bientôt quitté prise.

TARTUFFE

Mes prières n'ont pas le mérite qu'il faut Pour avoir attiré cette grâce d'en haut; .^lais je n'ai fait au ciel nulle dévote instance Qui n'ait eu pour objet votre convalescence.

ELMIRE

Votre zèle pour moi s'est trop inquiété.

TARTUFFE

On ne peut trop chérir votre chère santé; Et pour la rétablir, j'aurais donné la mienne.

C'est pousser bien avant la charité dirétienne ; i;t je vous dois beaucoup pour toutes ces bontés.

TARTUFFE

Je fais bien moins pour vous que vous ne méritez.

ELMIRE

J'ai voulu vous parler en secret d'une affaire , Et suis bien aise, ici , qu'aucun ne nous éclaire.

TARTUFFE

J'en suis ravi de même; et sans doute , il m'est doux , Madame , de me voir seul à seul avec vous. C'est une occasion qu'au ciel j'ai demandée. Sans que , jusqu'à cette heure, il me l'ait accordée.

ELMIRE

Pour inoi , ce que je veux , c'est un mot d'entretien , Où tout votre cœur s'ouvre et ne me cjche rien. (Dtimis, .<:ans se montrer, enlr'ouvre la porte du cabinet

dans lequel H s'était retiré, pow entendre laconver-

sation. )

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