‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 732 sur 1284 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

IMERCURE, SOSIE.

MERCUBE , sous lafgure de Sosie , scrtunt de la maison d'Amphitryon.

Sous ce minois qui lui ressend)le.

Chassons de ces lieux ce causeur,

• Télèbe était la capitale de l'ile de Taphe, voisine et peu éloignée d'Ithaque, située ^is-à-vis l'Acarnanie. Télébaùs, petil- Hls de Lélège , roi de Leucadie , avait donné son nom an peujfle de cette ile. ( L. B. )

» Haut, pour hauteur, élévation. Ce mot pris dans ce sens date du douzième siècle, et il était encore d'usage parmi le peuple du temps de Molière.

Dont l'abord importun troublerait la douceur Que nos amants goûtent ensemble.

SOSIE , sa7is voir Mercure.

Mon cœur tant soit peu se rassure , Et je pense que ce n'est rien.

Crainte pourtant de sinistre aventure , Allons chez nous achever l'enlrclicn.

MERCUEE, à part.

Tu seras plus fort que Mercure, Ou je t'en empêcherai bien.

SOSIE , sans voir Mercure.

Cette nuit en longueur me semble sans pareille. Il faut, depuis le temps que je suis en chemin. Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin , Ou que trop tard au lit le blond Phébus sommeille , Pour avoir trop pris de son vin.

MEBCUKE, à part.

Comme avec irrévérence Parle des dieux ce maraud!

Mon bras saura bien tantôt Châtier cette insolence; Et je vais m'égayer avec lui comme il faut , En lui volant son nom avec sa ressemblance. SOSIE , apercevant Mercure d'un peu loin. Ah ! par ma foi , j'avais raison :

C'est fait de moi , chétive créature!

Je vois devant notre maison Certain homme dont l'encolure Ne me présage rien de bon.

Pour faire semblant d'assurance, Je veu.x chanter un peu d'ici.

(// chante.)

MERCUBE.

Qui donc est ce coquin qui prend tant de licence Que de chanter et in'étourdir ainsi ?

{à mesure que Mercure parle , la voix de Sosie s'affaiblit peu à peu. ) Veut-il qu'à l'étriller ma main un peu s'applique?

SOSIE , à part.

Cet homme assurément n'aime pas la musique.

MERCURE

Depuis plus d'une semaine Je n'ai trouvé personne à qui rompre les os; La vigueur de mon bras se perd dans le repos ; Et je cherche quelque dos Pour me remettre en haleine.

SOSIE, à part.

Quel diable d'homme est-ce ci ?

De mortelles frayeurs je sens mon âme atteinte.

Mais pourquoi trembler tant aussi ?

Peut-être a-t-il dans l'âme autant que moi de crainte ,

Et que le drôle parle ainsi Pour me cacher sa peur sous une audace feinte. (Mi. oui, ne souffrons point qu'on nous croie un oison :

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