‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 744 sur 1284 · ACTE II, SCIvNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCIvNE II

I Et le souper fini , nous nous filmes coucher.

! AMPHITRYON

Ensemble?

ALCMÈNE

Assurément. Quelle est cette demande?

AMPHITRYON, à part.

Ah! c'est ici le coup le plus cruel de tous. Et dont à s'assurer tremblait mon feu jaloux.

D'où vous vient, à ce mot , une rougeur si grande? Ai-je fait quelque mal de coucher avec vous?

AMPHITRYON

Non, ce n'était pas moi, pour ma douleur sensible; Et qui dit qu'hier ici mes pas se sont portés

Dit , de toutes les faussetés ,

La fausseté la plus horrible.

ALCMÈNE

Amphitryon!

AMPHITRYON

Perfide !

ALCMÈNE

Ah ! quel emportement !

AMPHITRYON

Non , non , plus de douceur et plus de déférence : Ce revers vient à bout de toute ma constance ; Et mon cœur ne respire, en ce fatal moment. Et que fureur et que vengeance.

ALCMÈNE

De qui donc vous venger? et quel manque de foi Vous fait ici me traiter de coupable?

AMPHITRYON

Je ne sais pas, mais ce n'était pas moi : Et c'est un désespoir qui de tout rend capable.

Allez, indigne époux , le fait parle de soi,

Et l'imposture est effroyable.

C'est trop me pousser là-dessus , Et d'infidélité me voir trop condamnée.

Si vous cherchez , dans ces transports confus , Un prétexte à briser les nœuds d'un hyinénée

Qui me tient à vous enchaînée.

Tous ces détours sont superflus ;

Et me voilà déterminée A souffrir qu'en ce jour nos liens soient rompus.

AMPHITRYON

Après l'indigne affront que l'on me fait connaître, C'est bien à quoi , sans doute, il faut vous préparer . C'est le moins qu'on doit voir; et les choses peut-être

Pourront n'en pas là demeurer.

Le déshonneur est S'.h-, mon malheur m'est visible , Et mon amour en vain voudrait me l'obscurcir; Mais le détail encor ne m'en est pas sensible, KljMun juste courroux prétend s'en éclaircir.

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