MERCURE, SOSIE
UEBCUBE.
Arrête. Quoi ! tu viens ici mettre ton nez, Impudent llaireur de cuisine!
SOSIE
Ah ! de grâce , tout doux !
MEBCURE.
Ah! vous y retournez!
Je vous ajusterai l'échiné.
SOSIE
Hélas! brave et généreux moi, Modère-toi , je t'en supplie.
Sosie, épargne un peu Sosie, Et ne te plais point tant à frapper dessus toi.
MERCURE
Qui de t'appeler de ce nom
A pu te donner la licence ?
Ne t'en ai-je pas fait une expresse défense, Sous peine d'essuyer raille coups de bâton ?
C'est un nom que tous deux nous pouvons à la fois
Posséder sous un même maître.
Pour Sosie en tous lieux on sait me reconnaître;
Je souffre bien que tu le sois ,
Souffre aussi que je le puisse être.
Laissons aux deux Ampliitryons
Faire éclater des jalousies ;
Et, parmi leurs contentions.
Faisons en bonne paix vivre les deux Sosies.
MEBCURE.
Non, c'est assez d'un seul ; et je suis obstiné A ne point souffrir de partage.
SOSIE
Du pas devant sur moi tu prendras l'avantage; Je serai le cadet, et tu seras l'ainé.
MERCURE
Non! un frère incommode, et n'est pas de mon gortt, Et je veux être fils unique.
SOSIE
0 cœur barbare et tyrannique !
Souffre qu'au moins je sois ton ombre.
MERCDBE.
Point du tout.
AMPHITRYON, AC
Que (l'un peu de pitié ton âme s'humanise ! En cette qualité souffre-moi près de toi : Je te serai partout une ombre si soumise, Que tu seras content de moi.
MEBCUKE.
Point de quartier ; immuable est la loi. Si d'entrer là dedans tu prends encor l'audace , Mille coups en seront le fruit.
SOSIE
Las ! à quelle étrange disgrâce , Pauvre Sosie, es-tu réduit!
meucuke.
Quoi! ta bouche se licencie A te donner encore un nom que je défends !
SOSIE
Non, ce n'est pas moi que j'entends; Et je parle d'un vieu.x Sosie Qui fut jadis de mes parents , Qu'avec très-grande barbarie, A l'heure du dîner, l'on chassa de céans.
MEIiCUKE.
Prends garde de tomber dans cette frénésie , Si tu veux demeurer au nombre des vivants.
SOSIE , à part.
Que je te rosserais , si j'avais du courage , Double fils de putain , de trop d'orgueil enflé !
MERCURE
Que dis-tu?
SOSIE
Rien.
Tu tiens, je crois, quelque langage.
SOSIE
Demandez , je n'ai pas soufflé.
MERCURE
Certain mot de fils de putain A pourtant frappé mon oreille.
Il n'est rien de plus certain.
SOSIE
C'est donc un perroquet , que le beau temps réveille.
MERCURE
Adieu. Lorsque le dos pourra te démanger,
Voilà l'endroit où je demeure.
SOSIE , seul.
O ciel ! que l'heure de manger, Pour être mis dehors , est une maudite heure ! Allons, cédons au sort dans notre afiliction. Suivons-en aujourd'hui l'aveugle fantaisie ;
Et par une juste union ,
Joignons le malheureux Sosie
Au maliieureux Amphitryon.
Je l'aperçois venir en bonne compagnie.
uoi.ttne.
IK III, SCÈNE VllI.