HARPAGON, VALÈRE, MAITRE JACQUES
HARPAGON
Valère, aide-moi à ceci. Or çà, maître Jacques, je vous ai gardé pour le dernier.
MAÎTRE JACQUES
Est-ce à votre cocher, monsieur, ou bien h votre cuisinier, que vous voulez parler? car je suis l'un et l'autre.
HARPAGON
C'est à tous les deux.
MAÎTRE JACQUES
Mais à qui des deux le premier?
HARPAGON
Au cuisinier.
MAÎTRE JACQUES
Attendez donc, s'il vous plaît.
( Maître Jacques 6te sa casaque de cocher, et parait vêtu en cuisinier. )
Quelle diantre de cérémonie est-ce là ?
MAÎTRE JACQUES
Vous n'avez qu'à parler.
HARPAGON
Je me suis engagé , maître Jacques , à donner ce soir à souper.
MAÎTRE JACQUES, à part.
Grande merveille !
HARPAGON
Dis-moi un peu : nous feras-tu bonne chère?
MAÎTRE JACQUES
Oui , si vous me donnez bien de l'argenf.
HARPAGON
Que diable, toujours de l'argent! Il semble qu'iîîs; n'aient autre chose à dire : de l'argent , de l'argent , de l'argent! Ah! ils n'ont que ce mot à la bouche, de l'argent ! toujours parler d'argent ! Voilà leur épée de chevet ■ , de l'argent.
■ Expression proverbiale : Vépée au chevet, l'épèe qui ne nous quiUe jamais. Au liguié , re.rpressioii qu'on a sans cesse à lu houihe.