L'AVARE, ACTE V, SCÈNE IV
VALEHE.
Non, monsieur.
UAHPAGON.
Hé! dis-moi donc uapeu; tu n'y as point toui-hé?
VALÈRE
Moi y toucher? Ah! vous lui faites tort, aussi bien qu'à moi ; et c'est d'une ardeur toute pure et respectueuse que j"ai brûlé pour elle.
HARPAGON, à part.
Brûlé pour ma cassette!
VALÈRE
.l'aimerais mieux mourir que de lui avoir fait paraître aucune pensée offensante : elle est trop sage et trop honnête pour cela.
HARPAGON , à part.
Sla cassette trop honnête !
VALÈRE
Tous mes désirs se sont bornés à jouir de sa vue ; et rien de criminel n'a profané la passion que ses beaux yeux m'ont inspirée.
HARPAGON , à part.
Les beaux yeux de ma cassette! Il parle d'elle comme un amant d'une maîtresse.
VALÈRE
Dame Claude, monsieur, sait la vérité de cette aventure; et elle vous peut rendre témoignage...
HARPAGON
Quoi! ma servante est complice de l'affaire?
VALÈRE
Oui , monsieur : elle a été témoin de notre engagement ; et c'est après avoir connu l'honnêteté de ma flamme, qu'elle m'a aidé à persuader votre fille de me donner sa foi , et recevoir la mienne. HARPAGON, à part.
Hé! est-ce que la peur de la justice le fait extravaguer? ( à f^alêre.) Que nous brouilles-tu ici de ma fille?
VALÈRE
.Te dis, monsieur, que j'ai eu toutes les peines du monde à faire consentir sa pudeur à ce que voulait mon amour.
HARPAGON
La pudeur de qui ?
VALÈRE
De votre fille; et c'est seulement depuis hier qu'elle a pu se résoudre à nous signer mutuellement une promesse de mariage.
HARPAGON
I\la fille t'a signé une promesse de mariage ?
VALÈRE
Oui, monsieur; comme, de ma part, je lid en ai signé une.
O ciel! autre disgrAce!
MAITRE JACQUES , ttu commissaire.
Écrivez, monsieur, écrivez.
HARPAGON
Rengrègement de mal! surcroît de désespoir !( au commissaire. ) Allons, monsieur, faites le dil de votre charge ; et dressez-lui-moi son procès comme larron et comme suborneur.
MAÎTRE JACQUES
Comme larron et comme suborneur.
VALÈRE
Ce sont des noms qui ne me sont point dus ; et quand on saura qui je suis...