‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 831 sur 1284 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GEORGE DANDIN

Eh bien ! George Dandin, vous voyez de quel air votre femme vous traite ! Voilà ce que c'est d'avoir voulu épouser une demoiselle ! L'on vous accommode de toutes pièces , sans que vous puissiez vous venger; et la gentiihommerie vous tient les bras liés. L'égalité de condition laisse du moins à Thonneur d'un mari liberté de ressentiment; et si c'était une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton. Mais vous avez voulu tàter de la noblesse , et il vous ennuyait d'être maître chez vous. Ah ! j'enrage de tout mon cœur, et je me donnerais volontiers des soufllets. Quoi ! écouter impudemment l'amour d'un damoiseau , et y promettre en même temps de la correspondance! Morbleu! je ne veux point laisser passer une occasion de la sorte. 11 me faut, de ce pas, aller faire mes plaintes au père et à la mère , et les rendre témoins, à telle fin que de raison , des sujets de chagrin et de ressentiment que leur fille me donne. iMais les voici l'un et l'autre fort à propos.

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