GEORGE DANDIN, ACTE II, SCËNE XII
ANGELIQUE
J'y ferai mes efforts.
GEOKGE DANDiN, « monsieuT et à madame ilr
Sotenville.
Approchons doucement par derrière, et tâchons de n'être point vus.
CLAUDINE, à Angélique.
Ali! madame, tout est perdu. Voilà votre père et voire mère, accompagnés de votre mari.
CLITANDBE.
Ah, ciel!
Angélique, bas, à Clitandre et à Claudine.
Ne faites pas semblant de rien , et me laissez faire tous deux. ( haut, à Clitandre.) Quoi ! vous osez en user de la sorte après l'affaire de tantôt? et c'est ainsi que vous dissimulez vos sentiments? On me vient rapporter que vous avez de l'amour pour moi, et que vous faites des desseins de me solliciter; j'en témoigne mon dépit, et m'explique à vous clairement en présence de tout le monde : vous niez hautement la chose, et me donnez parole de n'avoir aucune pensée de m'offenser ; et cependant , le même jour, vous prenez la hardiesse de venir chez moi me rendre visite, de me dire que vous m'aimez, et de me faire cent sots contes pour me persuader de répondre à vos extravagances : comme si j'étais femme à violer la foi que j'ai donnée à un mari, et m'éloigner jamais de la vertu que mes parents m'ont enseignée? Si mon père savait cela, il vous apprendrait bien à tenter de ces entreprises! Mais une honnête femme n'aime point les éclats : je n'ai garde de lui en rien dire; (après avoir fait signe a Claudine d'apporter un bâton) et je veux vous montrer que, toute femme que je suis , j'ai assez de courage pour me venger moi-même des offenses que l'on me fait. L'action que vous avez faite n'est pas d'un gentilhomme, et ce n'est pas en gentilhomme aussi que je veux vous traiter.
(Angc'lique prend le bdton, et le lève sur Clitandre,
qui se range de façon que les coups tombent sur George
Dandin. ) CLITANDRE, Criant Comme s'U avait été frappé.
Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! doucement.