‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 851 sur 1284 · MONSIEUR ET MADAME DE SOTENVILLE, ANGÉLIQUE, GEORGE DANDIN, CLAUDINE · texte numérisé non relu

MONSIEUR ET MADAME DE SOTENVILLE, ANGÉLIQUE, GEORGE DANDIN, CLAUDINE

CLAUDINE

Fort, madame! frappez comme il faut. A?iGEi.iQVE, faisant semblant de parler à Clitandre.

S'il vous demeure quelque chose sur le cœur, je suis pour vous répondre.

CLAUDINE

Apprenez a qui vous vous jouez.

ANGELIQUE, faisant l'étonnée.

Ah! mon père, vous êtes la!

MONSIEUB DE SOTENVILLE.

Oui, ma lille; et je vois qu'en sagesse et en courage tu te montres un digne rejeton de la maison de Sotenville. Viens rà; approche-toi, que je l'embrasse.

MADAME DE SOTENVILLE.

Enibrasse-mol aussi, ma lille. Las! je pleure de joie, et reconnais mon sang aux choses que tu viens de faire.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Mon gendre, que vous devez être ravi! et que cette aventure est pour vous pleine de douceurs! Vous aviez un juste sujet de vous alarmer; mais vos soupçons se trouvent dissipés le plus avantageusement du monde.

MADAME DE SOTENVILLE.

Sans doute, notre gendre; et vous devez maintenant être le plus content des hommes.

CLAUDINE

Assurément. Voilà une femme, celle-là! Vous êtes trop heureux de l'avoir, et vous devriez baiser les pas où elle passe.

GEORGE DANDIN, à part.

Euh , traîtresse !

MONSIEUR DE SOTENTILLE.

Qu'est-ce , mon gendre ? Que ne remerciez-vous un peu votre femme de l'amitié que vous voyez qu'elle montre pour vous?

ANGÉLIQUE

Non, non, mon père, il n'est pas nécessaire. 11 ne m'a aucune obligation de ce qu'il vient de voir; tout ce que j'en fais n'est que pour l'amour de moimême.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

OÙ allez-vous, ma lille?

ANGÉLIQUE

Je me retire, mon père, pour ne me point voir obligée de recevoir ses compliments.

CLAUDINE, à George Dandin.

Elle a raison d'être en colère. C'est une femme qui mérite d'être adorée; et vous ne la traitez pas comme vous devriez.

GEORGE DANDIN, à part.

Scélérate !

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