‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 853 sur 1284 · CLITANDRE, LUBIN · texte numérisé non relu

CLITANDRE, LUBIN

La nuit est avancée, et j'ai peur quil ne soit trop tard. Je ne vois point à me conduire. Lubin.

LUBIN

IMonsieur ?

CLITANDBE.

Est-ce par ici ?

LUBIN

Je pense que oui. Morgue! voilà une sotte nuit, d'être si noire que cela !

CLITANDBE.

Elle a tort, assurément; mais si, d'un côté, elle nous empêche de voir, elle empêche, de l'autre, que nous ne soyons vus.

LUBIN

Vous avez raison, elle n"a pas tant de tort. Je voudrais bien savoir, monsieur, vous qui êtes savant, pourquoi il ne fait point jour la nuit .'

CLITANDRE

C'est une grande question , et qui est difficile. Tu es curieux , Lubin .'

LUBIN

Oui : si j'avais étudié, j'aurais été songer à des choses où on n'a jamais songé.

CLITA^DRE.

Je le crois. Tu as la mine d'avoir l'esprit subtil et pénétrant.

Cela est vrai. Tenez, j'explique du latin, quoique jamais je ne l'aie appris; et vojant l'autre jour écrit sur une grande porte coUegium, je devinai que cela voulait dire collège.

CLITANDBE.

Cela est admirable! Tu sais donc lire, Lubin.'

LUBIN

Oui, je sais lire la lettre moulée; mais je n'ai jamais su apprendre à lire l'écriture.

CLITANDBE.

Nous voici contre la maison. {Après avoir frappé dans sesviains.) C'est le signal que m'a donné Claudine.

LUBIN

Par ma foi I c'est une Olle qui vaut de l'argent; el je l'aime de tout mon cœur.

CLITANDBE.

Aussi t'ai-je amené avec moi pour l'entretenir.

LUBIN

Monsieur, je vous suis...

CLITANDBE.

Chut ! j'entends quelque bruit.

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