SCÈNE III
ANGÉLIQUE, CLITANDRE, CLAUDINE, assis au fond du théâtre; GEORGE DANDIN, à moitié déshabillé; LUBIN.
GEORGE DANDIN, à part.
J'ai entendu descendre ma femme, et je me suis
vite habillé pour descendre après elle. Où peut-elle être allée? Serait-elle sortie?
LUBIN, cherchant Claudine et prenant George Dandin pour Claudine.
Où es-tu donc, Claudine? Ah ! te voilà. Par ma foi ! ton maître est plaisamment attrapé; et je trouve ceci aussi drùle que les coups de bâton de tantôt, dont on m'a fait récit. Ta maîtresse dit qu'il ronfle, à cette heure, comme tous les diantres ; et il ne sait pas que monsieur le vicomte et elle sont ensemble, pendant qu'il dort. Je voudrais bien savoir quel songe il fait maintenant. Cela est tout àfaitrisible. De quoi s'avise-t-il aussi, d'être jaloux de sa femme, et de vouloir qu'elle soit à lui tout seul? C'est un impertinent, et monsieur le vicomte lui fait trop d'honneur. Tu ne dis mot, Claudine? Allons, suivons-les ; et me donne ta petite menotte , que je la baise. Ah ! que cela est doux ! Il me semble que je mange des confitures, (à George Dandin, qu'il prend toujours pour Claudine, et qui le repousse rudement.) 'ï\iiï\e\x\ comme vous y allez ! voilà une petite menotte qui est un peu bien rude.
GEORGE DANDIN
Qui va là ?
Personne.
LUBIN
GEORGE DANDIN
11 fuit, et me laisse informé de la nouvelle perfidie de ma coquine. Allons, il faut que, sans tarder, j'envoie appeler son père et sa mère , et que cette aventure me serve à me faire séparer d'elle. Holà ! Colin! Colin!