‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 877 sur 1284 · ÉRASTE, MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, SHRIGANL · texte numérisé non relu

ÉRASTE, MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, SHRIGANL

ÉBASTE.

Ah! qu'est-ce ci? Que vois-je? Quelle heureuse rencontre! Monsieur de Pourceaugnac ! Que je suis ravi de vous voir! Comment! il semble que vous ayez peine à me reconnaître !

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Monsieur, je suis votre serviteur.

ÉRASTE

Est-il possible que cinq ou six années m'aient ôté de votre mémoire, et que vous ne reconnaissiez pas le meilleur ami de toute la famille des Pourceaugnacs?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Pardonnez-moi. ( bas, à Sbrlgani. ) Ma foi , je ne sais qui il est.

ÉRASTE

11 n'y a pas un Pourceaugnac à Limoges que je ne connaisse, depuis le plus grand jusques au plus petit; je ne fréquentais qu'eux dans le temps que j'y étais, et j'avais l'honneur de vous voir presque tous les jours.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

C'est moi qui l'ai reçu , monsieur.

ÉBASTE.

Vous ne vous remettez point mon visage?

MONSIEUB DE POUBCEAUGNAC.

Si fait. ( à Sbrigani. ) Je ne le connais point.

ÉRASTE

Vous ne vous ressouvenez pas que j'ai eu le bonheur de boire avec vous je ne sais combien de fois?

MONSIEUR DE POUBCEAUGNAC.

Excusez-moi. (à Sbrigani.) Je ne sais ce que c'est.

ÉRASTE

Comment appelez-vous ce traiteur de Limoges qui fait si bonne chère ?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Petit-Jean ?

Le voilà. Nous allions le plus souvent ensemble chez lui nous réjouir. Comment est-ce que vous nommez à Limoges ce lieu où l'on se promène?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Le Cimetière des Arènes ?

ÉRASTE

Justement. C'est oii je passais de si douces heures à jouir de votre agréable conversation. Vous ne vous remettez pas tout cela?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Excusez-moi ; je me le remets. ( à Sbrigani. ) Diable emporte si je m'en souviens!

DE POURCEAUGNAC, ACTE I, SCENE Vf.

sBHiGANi, bas, à M. de l'owceaugnac.

Il y a cent clioscs comme cela qui passent de la tête.

ÉBASTE.

Embrassez-moi donc, je vous prie, et resserrons les nœuds de notre ancienne amitié.

SBBIGANI, à M. de Pourceaugnac.

Voilà un homme qui vous aime fort.

Dites-moi un peu des nouvelles de toute la parenté. Comment se porte monsieur votre... là... qui est si honnête homme.'

ilONSIEUB DE POUECEAUGNAC.

Mon frère le consul .'

ÉBASTE.

Oui.

MONSIEUR DE POUBCEAVGNAC.

Il se porte le mieux du monde.

ÉBASTE.

Certes, j'en suis ravi. Et celui qui est de si bonne humeur? Là... monsieur votre...

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Mon cousin l'assesseur?

ÉBASTE.

Justement.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Toujours gai et gaillard.

ÉEASTE.

Ma foi, j'en ai beaucoup de joie. Et monsieur votre oncle, le...?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Je n'ai point d'oncle.

ÉBASTE.

Vous aviez pourtant en ce temps-là...

Non : rien qu'une tante.

ÉBASTE.

C'est ce que je voulais dire, madame votre tante. Comment se porte-t-elle?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Elle est morte depuis six mois.

ÉRASTE

Hélas! la pauvre femme! Elle était si bonne personne!

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Nous avons aussi mon neveu le chanoine qui a pensé mourir de la petite vérole.

ÉRASTE

Quel dommage c'aurait été !

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

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