M. DE POURCEAUGNAC, ACTE 11, SCENE V
SBBIGAHI.
Non, cela n'est pas nécessaire.
UONSIEUB DB POUUCEAUGNAC.
De grâce.
SBBIGAM.
Point : je vous prie de m'en dispenser.
MONSIEUB BE POUBCEAUON AC.
Est-ce que vous n'êtes point de mes amis?
SBBIGANI.
Si fait; on ne peut pas l'être davantage.
MONSIEUB DE POUBCEAUGNAC.
Vous devez donc ne me rien cacher.
C'est une chose où il y va de l'intérêt du prochain.
MONSIEUB DE PODBCE AUGN AC.
ADnde vous obliger à m'ouvrir votre cœur, voilà une petite bague que je vous prie de garder pour l'amour de moi.
SBBIGANI.
Laissez-moi consulter un peu si je le puis faire en conscience, {après s'être un-peu éloigné de monsieur de Pottrceaugnac. ) C'est un homme qui cherche son bien, qui tAehe de pourvoir sa fllle le plus avantageusement qu'il est possible; et il ne faut nuire à personne : ce sont des choses qui sont connues, à la vérité; mais j'irai les découvrir à un homme qui les ignore, et il est défendu de scandaliser son prochain , cela est vrai. Mais d'autre part, voilà un étranger qu'on veut surprendre , et qui de bonne foi vient se marier avec une fille qu'il ne connaît pas et qu'il n'a jamais vue ; «m gentilhomme plein de franchise, pour qui je me sens de l'inclination , qui me fait l'honneur de me tenir pour son ami , prend confiance en moi , et me donne une bague à garder pour l'amour de lui. ( « monsieur de Pourceaugnac.) Oui, je trouve que je puis vous dire les choses sans blesser ma conscience ; mais tâchons de vous les dire le plus doucement qu'il nous sera possible, et d'épargner les gens le plus que nous pourrons. De vous dire que cette fille-là mène une vie déshonnête, cela serait un peu trop fort : cherchons, pour nous expliquer, quelques termes plus doux. Le mot de galante aussi n'est pas assez, celui de coquette achevée me semble propre à ce que nous voulons, et je m'en puis servir pour vous dire honnêtement ce qu'elle est.
MONSIEUB DE POUBCEAUCNAC.
L'on me veut donc prendre pour dupe?
Peut-être dans le fond n'y a-t-il pas tant de mal que tout le monde croit; et puis il y a des gens, après tout, qui se mettent au-dessus de ces sortes de choses, et qui ne croient pas que leur honneur dépende...
MONSIEUB DE POUBCEAUGNAC.
Je suis votre serviteur, je ne me veux point met-
tre sur la tête un cluipeau comme cefui-la ; et l'on aime à aller le front levé dans la famille des Pourceaugnacs.
SBBIGAM.
Voilh le père.
tlONSIEIIB DE POUBCEAUGNAC.
Ce vieillard-là?
SEBIGA.M.
Oui. Je me retire.