‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 901 sur 1284 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

MONSIEUR DE POURCFAUGNAC, ORONTE, LUCKTTE.

i.ucETTE, contrefaisant une /.anr/uedocienne.

Ah ! tu es assi , et à la G yen te trobi après abé fait tant de passés. Podes-tu, scélérat, podes-tu sousteiii ma bisto"?

MONSIEUR DE POUBCEAUGNAC.

Qu'est-ce que veut cette femme-là

LUCETTE

Que te boli, infâme! Tu fas semblan de nou me pas connouisse, et nou rougisses pas, impudint que tn sios, tu ne rougisses pas de me beyre. (à Oronte. ) Nou sabi pas, moussur, saquos bous dont m'andit que bouillo espousa la Ollo; may yeu bous déclari que yeu soun sa fenno, et que y a set ans, moussur, qu'en passant à Pézénas, el auguet l'adresse, danibé sas mignardises , conimo sap tabla fayre , de me gagna lou cor, et ni'oubligel pra quel mouyen à ly douna la nian per l'espousa '.

OEONTE.

Oh! oh!

MONSIEUE DE POURCEAUGNAC.

Que diable est-ce ci ?

LUCETTE

Lou trayté me quitte! très ans après , sul préteste de qualques affayres que l'apelabon dins soun pays , et despey noun l'y resçau put quaso de noubelo ; may dins lou tens qui soungeabi lou mens, m'an dounat abist que begnio dins aquesto billo per se remarida darabé un autro jouena fdlo, que sous parents ly an proucurado, sensse saupré res de son prumier mariatge. Yeu ai tout quitta en diligensso , et me souy rendudo dins aqueste loc , lou pu leu qu'ay pouscut , per ni'oupousa en aquel criminel mariatge, et confondre as elys de tout le mounde lou plus méchant day hommes ^.

' lUCETTE.

Ah! lu es ici, et à la lin je te trouve, après avoir fait (ant (l'allées et de venues. Peux-tu, scélérat, peux-tu soutenir ma vue? (L. B. )

' lUCETTE.

Ce que je te veux, infâme! tu fais semblant de ne me pas connaître, et tu ne rougis pas, impudent que tu es, tu ne rougi.s nasdc me voir? ( à Oronte. ) J'ignore, monsieur, si c'est vous dont on m'a dit qu'il voulait épouser la (ille; mais je vous déclare que je suis sa femme, et qu'il y a sept ans qu'en passant à Pézénas , il eut l'adresse , par ses mignardises qu'il sait si bien faire , de me gagner le cœur, el m'obligea , par ce moyen , à lui donner la main pour l'épouser. ( L. B. )

^ ILCETTE.

Le traître me quitta trois ans après , sous le prétexte de quelque affaire qui l'appelait dans son pays; el depuis je n'en ai point eu de nouvelles; mais dans le temps que j'y songeais le moins, on m'a donné avis qu'il venait dans celte ville pour se

MONSIEUR DE POUBCEAUGNAC.

Voilà une étrange effrontée !

LUCETTE

Impudint ! n'as pas honte de m'injuria , alloc d'être confus day reproches secrets que ta consciensso le deu fayre ■ .'

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

!\Ioi , je suis votre mari ?

LUCETTE

Infâme ! gausos-tu dire lou contrari ? Hé ! tu sabes bé, per ma penno, que n'es que trop bertat; et plaguesso al cel qu'aco non fouguesso pas, et que m'auquesso layssado dins l'état d'innouessenço et dins la tranquillitatounmounamo bibiodabanquetouscharmes et tas trompariés nou m'en benguesson malhurousomen fayre sourty ! yeu nou serio pas réduito à fayré lou triste persounatge que yeu fave présentemen ; à beyre un marit cruel rnespresa touto l'ardou que yeu ay per el , et me laissa sensse cap de piétat abandounado à las mourtéles douions que yeu ressenti de sas perlidos accius ".

OBONTE.

Je ne saurais m'empècher de pleurer. ( à M. de Po!<rceaî/5'nac.) Allez, vous êtes un méchant homme.

MONSIEUR DE POUBCEAUGNAC.

Je ne connais rien à tout ceci.

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