‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 917 sur 1284 · ACTE III, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX

où votre personne m'oblige; et si je n'ai pu être votre gendre, au moins serai-je éternellement voire serviteur.

ORONTE

Arrêtez, seigneur Éraste; votre procédé me touche l'âme, et je vous donne ma fille en mariage.

JULIE

Je ne veux point d'autre mari que monsieur de Pourceaugnac.

ORONTE

Et je veux, moi, tout à l'heure, que tu prennes le seigneur Éraste. Çà , la main.

JULIE

Non , je n'en ferai rien.

ORONTE

Je te donnerai sur les oreilles.

ÉRASTE

Non, non, monsieur; ne lui faites point de violence, je vous en prie.

ORONTE

C'est à elle à m'obéir, et je sais me montrer le maître.

ÉRASTE

Ne voyez-vous pas l'amour qu'elle a pour cet homrnolà? et voulez-vous que je possède un corps dont un autre possédera le cœur?

C'est un sortilège qu'il lui a donné , et vous verrez qu'elle changera de sentiment avant qu'il soit peu. Donnez-moi votre main. Allons.

JULIE

Je ne...

ORONTE

Ah! que de bruit! Çà, votre main, vous dis-je. Ah! ah! ah!

ÉRASTE, à Julie.

Ne croyez pas que ce soit pour l'amour de vous que je vous donne la main; ce n'est que monsieur votre père dont je suis amoureux , et c'est lui que j'épouse.

ORONTE

Je vous suis beaucoup obligé, et j'augmente de dix mille écus le mariage de ma fille. Allons, qu'on fasse venir le notaire pour dresser le contrat.

ERASTE

En attendant qu'il vienne, nous pouvons jouir du divertissement de la saison, et faire entrer les masques que le bruit des noces de monsieur de Pourceaugnac a attirés ici de tous les endroits de la ville.

M. DE POURCEAUGNAC SCÈNE X

TROUPE DE MASQUES dansants et

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