ACTE I, SCÈNE XI
PREMIER MÉDECIN
Bon! dire des injures! voilà un diagnostique qui nous manquoit pour la confirmation de son mal ; et ceci pourroit bien tourner en manie.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, à pari.
Avec qui m’a-t-on mis ici?
(Il crache deux ou trois fois.',
PREMIER MÉDECIN
Autre diagnostique : la sputation fréquente.
MONSIEDR DE POURCEAUGNAC.
Laissons cela, et sortons d’ici.
PREMIER MÉDECIN
Autre encore : l’inquiétude de changer de place
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
Qu’est-ce donc que toute cette affaire? et que me voiilczvous?
PREMIER MÉDECIN
Vous guérir, selon l’ordre qui nous a été donné.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
Me guérir?
PREMIER MÉDECIN
Oui.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
Parbleu ! je ne suis pas malade.
PREMIER MÉDECIN
Mauvais signe, lorsqu’un malade ne sent pas son mal.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
Je vous dis que je me porte bien.
PREMIER MÉDECIN
Nous savons mieux que vous comment vous vous portez; et nous sommes médecins qui voyons clair dans votre constitution.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
Si vous êtes médecins, je n’ai que faire de vous; et je me moque de la médecine.
PREMIER MÉDECIN
Ilom ! hom ! voici un homme plus fou que nous ne pensons.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
Mon pere et ma mère n’ont jamais voulu de remèdes, et ils sont morts tous deux sans l’nssistaneo des médecins.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
PREMIER MÉDECIN
Je ne m’étonne pas s’ils ont engendré un fils qui est insensé. (Au second médecin.) Allons , procédons à la curation; et, par la douceur exhilarante de l’harmonie, adoucissons, lénifions, et accoisons • l’aigreur de ses esprits, que je vois prêts à s’enflammer.