‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 106 sur 593 · ACTE I, SCÈNE XV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XV

Quando sentile U deliro vicino ,

Pigliate del vino,

E qualchc volta un poco di tabac,

Allcgramentc, monsu Pouroeaugnac *.

SCÈNE XIV - MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, DEUX MÉDECINS GHOTESQURS, MATASSINS.

ENTRÉE DE BALLET

Danse des matassins autour de monsieur de Pourceaugnac.

SCÈNE XV. — MONSIEUR DE POURCE.AUGNAC , UN APOTHICAIRE, lenaiU une seringue,

l’apothicaiiie

Monsieur, voici un petit remède, un petit remède, qu’il vous faut prendre, s’il vous plaît, s’il vous plaît

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Comment? Je n’ai que faire de cela.

i.’apothicaire.

Il a été ordonné, monsieur, il a été ordonné.

monsieur de POURCEAUGNAC.

Ah ! que de bruit!

• < Bonjour, bonjour, bonjour. Ne vous laissez pas tuer par les soulTrances de

> la mélancolie. Nous vous ferons rire avec nos chanls liarmonieux. Nous ne

> sommes venus ici r|ue pour vous guérir. Bonjour, bonjour, bonjour.

> la fui e uVsl-pas autre ebose que la inclaucnlie. le malade n'est pas déses-

> I cré, s'il veut prendre un peu de divertissement, la folie n'est pas autre chose

> que la mélancolie,

> Allons courage. Chantez, dansez, riez ; et. si vous voulez encore mieux faire, » quand vous sentirez approcher votre accès de folie, prenez un verre de vin » cl quelquefois une prise de tabac. Allons, gai, monsieur de Poiirceaugnac. »

• l'idée de la scène des apothicaires est empruntée à une farce en vers de huit syllabes, de Chevalier, représentée sur le théAtre du Marais, en 1661 huit ans avant Pourceaugnac. Voici le canevas de cette scène : « la Ro iiie a besoin » d'argent pour régaler des dames; il dit h Giiillot de lui procurer cinquante » pistoles sur une bague qu'il lui remet, et sort. Un chevalier d'industrie a tout

> entendu : il olfrc à Giiillotde lui indiquer un homme qui fera sou affaire et

» le met entre les mains d'un autre fripon qiil parolt en habit de médecin ’ Ce » faux médecin dit qii il a promis de le guérir, et qu'il veut remplir sa promesse « iTf qui parolt une seringue .à la main, et veut absolu'

îom^ix du Théâtre français,

’ (Aimé Martin.)

MONSIIÎUR DE POÜRCEAUGNAG.

l’apothicure.

Pi’cnez-le , monsieur, prcncz-!e ; il ne vous fera point de mal, il ne vous fera point de mal.

MONSIEUR DE POÜRCEAUGNAC.

Ah!

l’apothicaire.

C’est un petit clystère, un petit clystère, bénin, bénin ; il est bénin, bénin : là, prenez, prenez, monsieur; c’est pour déterger, pour déterger, déterger.

SCÈNE XVI. - MONSIEUR DE POÜRCEAUGNAC, UN APO- THICAIRE, DEUX MÉDECINS grotesques, MATASSINS,

avec des seringues.

LES DEUX MÉDECINS

Piglialo SÙ ,

Signor monsu ,

Piglialo, piglialo, piglialo sù,

Cbe non ti farà male.

Piglialo sù questo serviziale ;

Piglialo sù ,

Signor monsu ,

Piglialo, piglialo, piglialo sù*.

MONSIEUR DE POÜRCEAUGNAC.

Allez-vous-en au diable.

(Monsieur do Pourccaugiiac, mettant sou cliapeau pour se garantir des seringues, est suivi par les deux médecins et par les matas«ins; il passe par derrière le tlièAtre, et revient se metirc sur sa cliaise, aiipiès de laipiellc il trouve l'apotlilcairc qui l'altendoit : les deux médecins et les matassins rentrent aussi.)

LES DEUX MÉDECINS

Piglialo sù ,

Signor monsu;

Piglialo, piglialo, piglialo sù ' ;

Cbe non li farà male.

Piglialo sù questo serviziale,

' Piglialo sù,

Signor monsu ;.

Piglialo, piglialo, piglialo sù.

(MonsieurdcPoiirceaugnac s’enfuit avec la chaise; l’apnlhicaireappuicsa seringue contre, et les médecins et les malassins le suivent.

'< Preuc z-le, monsieur, prenez-lc (lo cly«lcrc) ; il ne vms fera point de mal. »

rlN DU PREMIER AGI E.

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