‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 107 sur 593 · SCÈNE I. — PREMIER MÉDECIN, SBRIGANI · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — PREMIER MÉDECIN, SBRIGANI

PREMIER MÉDECIN

Il a forcé tous les obstacles que j’avois mis , et s’est dérobé aux remèdes que je commençois de lui faire.

SBRIGANI

C’est être bien ennemi de soi-même , que de fuir des remèdes aussi salutaires que les vôtres.

PREMIER MÉDECIN

Marque d’un cerveau démonté, et d’une raison dépravée, que de ne vouloir pas guérir.

SBRIGANI

Vous l’auriez guéri haut la main.

PREMIER MÉDECIN

Sans doute : quand il y auroit eu complication de douze maladies.

SBRIGANI

Cependant voilà cinquante pistoles bien acquises qu’il vous fait perdre.

PREMIER MÉDECIN

Moi, je n’entends point les perdre , et je prétends le gué^ rir en dépit qu’il en aiL II est lié et engagé à mes remèdes, et JC yeux le faire saisir où je le trouverai, comme déserteur de la médecine, et infracteur de mes ordonnances.

SBRIGANI

^ \ous avez raison. Vos remèdes étoient un coup sur, et cest de l’argent qu’il vous vole.

PRE.MIER MÉDECIN

Où puis-je en avoir des nouvelles?

SBRIGANI

Chez le bon homme Oronte assurément, dont il vient

soTrT l’infiemilé de

I gendre lutur, voudra peut-être se hâter de conclure le

, . PREMIER MÉDECIN

Je vais lui parler tout à l’heure.

MONSIEUR DE POÜRCE AUG N AC

SBniGANI.

Vous ne ferez point mal.

PREMIER MÉDECIN

Il est hypothéqué à mes consultations , et un malade ne se moquera pas d’un médecin.

C’est fort bien dit à vous; et, si vous m’en croyez, vous ne souffrirez point qu’il se marie , que vous ne 1 ayez pansé tout votre soûl.

PREMIER MÉDECIN

Laissez-moi faire.

SBRIGANI, à pari, eu s’en allant.

Je vais , de mon côté , dresser une autre batterie ; et le beau-père est aussi dupe que le geudre

Page 1