‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 12 sur 593 · SCÈNE V. - HARPAGON, ÉLISE et CLÉ ANTE, parlant · texte numérisé non relu

SCÈNE V. - HARPAGON, ÉLISE et CLÉ ANTE, parlant

ensemble, et restant dans’ le fond du lliéAtre.

HARPAGON , se croyant seul.

Cependant, je ne sais si j’aurai bien fait d’avoir enterré, dans mon jardin, dix mille écus qu’on me rendit hier. Dix

mille écus en or chez soi est une somme assez (a pan,

apercevant Élise et cieantc.) O ciel! je me serai trahi moi-même! la chaleur m’aura emporté, et je crois que j’ai parlé haut, en raisonnant tout seul, (a ciëanto et à Élise.) Qu’est-ce?

CLÉ ANTE

Rien , mon père.

HARPAGON

Y a-t-il longtemps que vous êtes là ?

ÉLISE

Nous ne venons que d’arriver.

HARPAGON

Vous avez entendu...

CLÉANTE

Quoi , mon père?

HARPAGON

La..,

Quoi?

ÉLISE

> vouilras, ( I que Jiipiler cl

> mercie bien poliment. >

tous les dieux puissent le confondre! — Il me re-

L’AVARE

HARPAGON

Cp que je viens de dire ?

CLÉANTE

Non.

HARPAGON

Si fait, si fait.

Pardonnez-moi .

ÉLISE

HARPAGON

Je vois bien que vous en avez ouï quelques mots. C’est que je m’entretenois en moi-même de la peine qu’il y a aujourd’hui à trouver de l’argent, et je disois qu’il est bien heureux qui peut avoir dix mille écus chez soi.

CLÉANTE

Nous feignions > à vous aborder, de peur de vous interrompre.

H.ARPAGON.

Je suis bien aise de vous dire cela , afin que vous n’alliez pas prendre les choses de travers , et vous imaginer que je dise que c’est moi qui ai dix mille écus 2.

CLÉANTE

Nous n’entrons point dans vos affaires.

HARPAGON

Plût à Dieu que les eusse, dix mille écus !

CLÉANTE

.le ne crois pas...

HARPAGON

Ce seroit une bonne affaire pour moi

‘ Feindre, dans le sens d'hésiter.

’ On trouve, dans une facétie du quiniicme siècle, une tirade qui offre quelque mialogie avec la scène ci-dessus ;

« Premier tu te mets en dangicr » De perdre le boire et manger,

> D'avarice qui te tiendra;

» Puis le grand diable viendra

> Qui te dira qu’on te de-robe...

> Un risebe a toujours doiibte et tremble

> De paour qu'on lui emUe lu sien ;

> Mais un pourc liomnic qui n'a heu

> Jamais il ne craint le dcsclict ; '

» Car qui ti'a rien, rien ne lui rbet. »

Vojcl le Dialogue beau et afablt, et à toutes gens moult deiff table, d «m sage 't d'un fol, elCi l’nrie jeans dale)i

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