SCÈNE III. - GALISTE, seub
Ab ! que sur notre cœur La sévère loi de l’bonneur Prend un cruel empire !
Je ne fais voir que rigueurs pour Tyrcis;
Et cependant, sensible à scs cuisants soycis.
De sa langueur en secret je soupire,
El voudrois bien soulager son martyre.
C’esl à vous seuls que je le dis,
Arbres, n’alicz pas le redire.
Puisque le ciel a voulu nous former Avec un cœur qu'Amour peut endammer.
Quelle rigueur impitoyable
' Contre des traits si doux nous force il nous armer?
Et pourquoi, sans^ctre blâmable.
Ne peut-on pas aimer Ce que l’on trouve aimable?
Hélas! que vous êtes heureux.
Innocents animaux, de vivre sans contrainte.
^96 LES AMANTS MAGNIFIQUES
El de pouvoir suivre sans crainte Les doux emportements de vos cœurs amoureux ! Hélas! petits oiseaux, c|ue vous êtes lieureiix De ne sentir nulle contrainte,
Et de pouvoir suivre sans crainte Les doux emportements de vos cœurs amoureux !
Mais le sommeil sur ma paupière Verse de ses pavots l’agréable rrakheur:
Donnons-nous à lui tout entière;
Nous n’avons pas de loi sévère Qui défende à nos sens d’en gotUer la douceur.