‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 164 sur 593 · SCÈNE III. - GALISTE, seub · texte numérisé non relu

SCÈNE III. - GALISTE, seub

Ab ! que sur notre cœur La sévère loi de l’bonneur Prend un cruel empire !

Je ne fais voir que rigueurs pour Tyrcis;

Et cependant, sensible à scs cuisants soycis.

De sa langueur en secret je soupire,

El voudrois bien soulager son martyre.

C’esl à vous seuls que je le dis,

Arbres, n’alicz pas le redire.

Puisque le ciel a voulu nous former Avec un cœur qu'Amour peut endammer.

Quelle rigueur impitoyable

' Contre des traits si doux nous force il nous armer?

Et pourquoi, sans^ctre blâmable.

Ne peut-on pas aimer Ce que l’on trouve aimable?

Hélas! que vous êtes heureux.

Innocents animaux, de vivre sans contrainte.

^96 LES AMANTS MAGNIFIQUES

El de pouvoir suivre sans crainte Les doux emportements de vos cœurs amoureux ! Hélas! petits oiseaux, c|ue vous êtes lieureiix De ne sentir nulle contrainte,

Et de pouvoir suivre sans crainte Les doux emportements de vos cœurs amoureux !

Mais le sommeil sur ma paupière Verse de ses pavots l’agréable rrakheur:

Donnons-nous à lui tout entière;

Nous n’avons pas de loi sévère Qui défende à nos sens d’en gotUer la douceur.

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