‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 173 sur 593 · S0STU.ATE · texte numérisé non relu

S0STU.ATE

Comme mon sens est si grossier qu’il n’a pu rien comprendre, mes yeux aussi sont si malheureux qu’ils n’ont jamais rien vu.

IPHICRATE

Pour moi, j’ai vu, et des choses tout à fait convaincantes.

TIMOCLÈS

Et moi aussi.

SOSTRATE

Comme vous avez vu, vous faites bien de croire; et il faut que vos yeux soient faits autrement que les miens.

IPHICRATE

Mais enfin la princesse croit à l’astrologie ; et il me fwinble qu’on y peut bien croire ajavs elle. Est-ce que madame, Sostratc, n’a pas de l’esprit et du sens?

SOSTRATE

Seigneur, la question est un peu violente. L’esprit de la pimeesse n’est pas une règle pour le mien; et son intelli-

“206 LES AMANTS MAGNIFIQUES

gence peut l’élever à des lumières où mon sens ne peut pas atteindre.

ARISTIONE.

Non, Sostrate, je ne vous dirai rien sur quantité de choses auxquelles je ne donne guère plus de créance que vous ; mais, pour l’astrologie, on m’a dit et fait voir des choses si jwsitives, que je ne la puis mettre en doute.

SOSTRATE

Madame, je n’ai rien à répondre à cela.

ARISTIONE.

Quittons ce discours, et qu’on nous laisse un moment. Dressons notre promenade , ma fille , vers cette belle grotte où j’ai promis d’aller. Des galanteries à chaque pas!

QUATRIÈME INTERMÈDE

Le théâtre représente une grotte où les princesses vont se promener; et, dans le temps qu’elles y entrent, huit Statues, portant chacune deux tlambeaux à leurs mains, sortent de leurs niches, et font une danse variée de plusieurs figures et de plusieurs belles attitudes , où elles demeurent par intervalles.

ENTRÉE DE BALLET de huit Statues.

nN DU TROISIÈME ACTB.

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