ACTE IH, SCÈNE VIII
MADAME JOURDAIN
Ce u’est pas d’aujourd’hui , Nicole , que j’ai coii^u des soupçons de mon mari. Je suis la plus trompée du monde, ou il y a quelque amour en campagne ; et je travaille à découvrir ce que ce peut être. Mais songeons à ma fille. Tu sais l’amour que Cléonte a pour elle : c’est un homme qui me revient; et je veux aider sa recherche, et lui donner Lucile, si je puis.
NICOI.E.
En vérité , madame , je suis la plus ravie du monde de vous voir dans ces sentiments; car si le maître vous revient, le valet ne me revient pas moins , et je souhaiterois que notre mariage se pût faire à Tombre du leur.
MADAME JOURDAIN
Ya-t’en lui en parler de ma, part*, et lui dire que tout à l’heure il me vienne trouver, pour faire ensemble , à mon mari, la demande de ma fille.
NICOtE.
J’y cours , madame , avec joie , et je ne pouvois recevoir une commission plus agréable. (Seule.) Je vais, je pense, bien réjouir les gens.