‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 257 sur 593 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

MONSIEUR JOURDAIN

La possession de mon cœur est une chose qui vous est tout acquise.

Vous voyez , madame , que monsieur Jouri^ain n’est pas de ces gens que les prospérités aveuglent, et qu’il sait, dans sa grandeur, connoître encore ses amis.

DORIMÈNE

C’est la marque d’une ame tout à fait généreuse.

DORANTE

Où est donc Son Altesse turque nous voudrions bien, comme vos amis, lui rendre nos devoirs.

MONSIEUR JOURDAIN

Le voilà qui vient; et j’ai envoyé quérir ma fille pour lui donner la main.

SCÈNE IV. — MONSIEUR JOURDAIN, DORIMÈNE, DORANTE , CLÉONTE , habillé en Turc.

DORANTE , à Cléonte.

Monsieur, nous venons faire la révérence à Votre Altesse, comme amis de monsieur votre beau-père, et l’assurer avec respect de nos très humbles services.

MONSIEUR JOURDAIN

Où est le truchement, pour lui dire qui vous êtes, et lui faire entendre ce que vous dites? Vous verrez qu’il vous répondra; et il parle turc à merveille. (A cléonte.) Holà! où diantre est-il allé? Slrouf, slrif, slrof, slraf. Monsieur est un grande segnore, grande segnore, grande segnore; et madame , une granda dama, granda dama. (Voyant qu'il ne SC fait point entendre.) Ah! (A Cléonte, montrant Dorante.) Moilsicuf, lui mamamouchi françois , et madame mamamouchie françoisc. •le ne puis pas parler plus clairement. Bon! voici l’interprète.

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